18 janvier 2009
Chapitre 9
Allan
travailla sérieusement tout le weekend. Il fut surpris de ne recevoir aucune nouvelles de Mike, mais ne lui en
envoya aucune, après tout, ils n’étaient pas vraiment un couple, peut-être ne
s’attendait-il pas à ce qu’il lui donne des nouvelles.
Il attendait
April au coin de sa rue en fumant une cigarette.
-Ah t’es là
ma biscotte ! dit joyeusement April en le voyant. Comment s’est passé ton weekend ?
demanda-t-elle
-Oh… euh…
Tranquille.
-Tranquille
hein ? dit-elle en bougeant frénétiquement ses sourcils.
-Oui,
tranquille, petite perverse. Je ne l’ai
pas vu.
-oh…
pourquoi ?
-Parce qu’il
ne m’a pas donné de nouvelles, dit il en jetant son mégot par terre.
-… c’est
étonnant ça…
-Pas tant
que ça…
-Comment
ça ?
-On n’est
pas vraiment un couple, tu l’as dit toi-même.
-mouais…
quand même… même pas un petit sms ?
-même pas
ça…
La journée
de cours se déroula normalement. Allan
s’était habitué aux regards outrés, et il n’y prêtait plus attention. Sur le chemin du retour, Allan qui n’avait
pas envie de se retrouver seul proposa à April d’aller boire un verre, ce
qu’elle accepta.
-Ca ne te dérange
pas si on va dans un bar gay ?
-Non, quelle
importance… Tu te remets en chasse ?
-On n’a qu’à
dire ça…
Allan et
April s’assirent au bar et commandèrent une bière chacun. Allan apprit qu’elle avait un frère qui était
décédé trois ans au paravent et ils riaient aux éclats quand il croisa le
regard de quelqu’un qu’il connaissait bien. Son sourire se figea lorsque ses yeux se posèrent sur les yeux noisette
encadrés de cheveux châtains de Mike. Mike était là. Et il n’était pas
seul. Un grand blond bien bâtis lui
touchait la main. Allan reporta son
attention sur April et tenta au mieux de cacher son trouble, mais il ne devait
pas être bon pour cela, car elle se retourna discrètement avant de lâcher un
« oh » de surprise.
-ça
va ? demanda-t-elle.
-Oui,
répondit Allan, contrarié.
-C’était ce
que vous aviez convenu.
-Je
sais ! Je n’ai rien dit !
-Non, mais
tu verrais ta tête…
-Il
approche, raconte un truc !
-… et donc
j’ai dit à Jenny qu’elle n’aurait jamais du lui faire confiance, que c’était
qu’un crétin…
-Salut, je
vous dérange pas ?
-Oh, Mike,
dit-elle en se retournant, faussement surprise.
Mike ne lâchait
pas Allan des yeux.
-Comment ça
va ?
-Ca va… Tu
es venu accompagné, à ce que je vois.
-Euh oui…
c’est euh William…
-Tu devrais
y retourner, il a l’air de s’ennuyer sans toi.
-Bon… Je
t’appellerai ce soir.
Allan le
regarda s’éloigner. Il murmura quelque
chose à l’oreille de « William » et ils s’en allèrent tous les deux.
-Je ne suis
qu’un crétin…
April mit sa
main dans son dos et le frotta, comme pour le rassurer.
-Pourquoi tu
dis ça ?
-Je laisse
tomber Logan parce qu’il ne veut pas quitter Julia pour me mettre avec un gars
qui ne fait que coucher à gauche et à droite…
April
sourit.
-Je croyais
que tu ne l’aimais pas, que tu le trouvais juste attirant….
-Ouais, dit
il en finissant son verre, mais je crois que je ne suis pas partageur.
Allan reçut
un sms de Mike ce soir là, qui lui demandait s’il boudait et s’il était
d’humeur à sortir. Allan accepta. Sortir, voir du monde, c’était tout ce dont
il avait besoin, avec ou sans Mike. Il
but abondamment durant la soirée et dansa, même avec des filles. Il était tard quand Mike se colla à lui et
lui murmura sensuellement à l’oreille qu’il avait envie de rentrer, et Allan,
qui ne savait de toute façon plus vraiment ce qu’il faisait accepta.
-Merde…
dit-il, une fois arrivés devant sa porte.
-Quoi ?
- Je… je ne
retrouve pas mes clés, dit il en gloussant.
-Cherche
bien, répondit Mike en introduisant ses mains dans ses poches.
-Oh petit
coquin !
-Mais non,
qu’est ce que tu crois !
Allan
gloussait et Mike leva les yeux au ciel.
-Bon, on n’a
plus qu’à aller chez moi alors…
-D’accord,
répondit-il en se pendant à son bras.
-Je te
préviens, c’est pas la porte à coté, à pied.
-C’est pas
grave, on est à deux, le temps passera plus vite !
Allan se
réveilla le lendemain matin, dans un lit qui n’était pas le sien, et seul. Il n’avait aucune idée de la manière dont il
s’était retrouvé là et il espérait sincèrement qu’il était chez Mike. Il se leva et s’aperçût qu’il était vêtu d’un
simple boxer. Il sortit de la chambre et
vit quelques photos accrochées aux murs du couloir qui menait au salon. Des photos représentant Mike et le gars qu’il
avait vu avec lui au bar, l’autre fois.
Allan se
rendit dans la cuisine et s’assit sur la chaise en face de Mike.
-Pourquoi on
n’est pas chez moi ?
-T’as perdu
tes clefs.
-Tu vis avec
quelqu’un, non ?
-Allan, je…
je suis marié, en fait. Avec
William. Mais il voyage beaucoup, et moi
j’ai des besoins, c’est pour ça que je t’ai demandé si ça ne te dérangeait pas
d’être un couple libre. En fait c’est un
amant que je voulais. Je ne couche
qu’avec toi ou William.
-Mhh…
t’aurais pu me le dire…
-Ca change
beaucoup de choses pour toi ?
-oh je sais
pas. Y’a une différence entre être un
couple libre et se faire des one shot et de tromper ton mari avec moi, je
trouve…
-Tu m’en
veux ?
-Je… Je sais
pas…
-Tu sais, je
t’aime beaucoup, ça m’ennuierait que tu sois fâché… si tu veux on peut en
rester là sexuellement parlant, mais j’aimerais qu’on reste amis tout de même…
-Mike… Je
dois réfléchir. Je vais y aller…
-Comme tu
veux…
Allan
retourna chez lui. Ses clefs étaient
dans la poche avant de sa veste, il ne les avait pas perdues… Il irait aux
cours de l’après midi, il avait déjà
raté une bonne partie de ceux de la matinée.
Allan
s’alluma une cigarette tout en réfléchissant. Est-ce que cela le dérangeait vraiment que
Mike soit marié ? Il passait le
plus clair de son temps libre avec lui, ça n’était pas comme avec Logan… mais encore une fois, il n’était que
l’amant… le second choix. Pouvait-on le choisir en premier, lui ?
Allan écrasa
sa cigarette et prit une douche avant de partir pour les cours. Il s’assit à coté d’April, au cours
d’anglais, et elle ne tarda pas de lui demander pourquoi il n’était pas venu
dans la matinée.
-Je suis
sorti avec Mike hier soir et je me suis réveillé chez lui ce matin.
-Ah bon,
t’es encore sorti après ?
-Oui… figure
toi que le gars qu’on a vu, William, dit il en prononçant le prénom d’une manière désagréable, c’était plus qu’un coup d’un soir… en fait,
Mike et lui sont mariés.
-Quoi ?
Et il t’a emmené chez lui ? Il te l’a présenté ?
-Non, il
n’était pas là. Il voyage beaucoup,
c’est pour ça que Mike veut bien sortir avec moi depuis le départ. En fait je ne suis que son amant…
-Oh…
-Vous deux,
là bas, ça vous dérangerait d’écouter un peu mon cours ?
Allan et
April se turent pendant le reste du cours d’anglais, et Allan se rendit au
cours de sport des garçons. Le
professeur les divisa en deux équipes et ils se livrèrent un match de basket
sans répit. Allan était dans l’équipe
adverse de Logan, qui était très sportif, et qui ne perdait pas une occasion de
lui prendre le ballon. Allan était très
fatigué lorsqu’il se rendirent aux vestiaires, et il n’avait qu’une envie,
rentrer chez lui. Il avait trainé, comme
d’habitude, pour ne pas gêner les autres. Le vestiaire était pratiquement désert. Il s’abaissa pour prendre ses affaires de
douche dans son sac de sport, et en se relevant, il vit, sans le vouloir, les
parties intimes de Bryan entre l’ouverture de sa serviette qu’il avait mal nouée
autour de sa taille, après s’être douché. Bryan était un garçon peu commode, qui lui avait déjà donné de nombreux
coups dans les côtes pendant le match de basket, et malheureusement pour lui,
il s’était aperçût qu’il avait vu son sexe.
-ça va pas,
espèce de fiotte ? dit ce dernier
en enfilant rapidement son short qui trainait sur le banc. Tu oses regarder ma bite ? demanda-t-il en lui assénant un poing dans le
ventre qui fit tomber Allan par terre, le souffle coupé.
-Tu oses te
rincer l’œil sur moi ? dit-il en le
frappant cette fois ci au visage. Je
vais t’apprendre, moi, à violer l’intimité des autres. Tu vas voir ce que c’est de se faire violer
dans son intimité, dit-il en attrapant un déodorant en spray qui trainait plus loin. Bryan lui donna un grand coup de pied
dans les côtes, avant de se baisser et
d’entreprendre de défaire le nœud du jogging que portant Allan.
Allan se débattait
et essayait de reculer du mieux qu’il pouvait, les larmes aux yeux, mais Bryan
le maintenait fermement immobilisé au sol.
-Non, non,
s’il te plait… J’ai pas fait exprès, je te le jure ! Bryan, laisse-moi tranquille !
-Moi non plus,
je ne fais pas exprès, dit-il en enfonçant la bouteille de déodorant dans
l’anus d’Allan sans délicatesse aucune. Allan ressentit une violente douleur et se mit à hurler. À hurler son désespoir, à hurler au
secours. C’est à ce moment là que la
porte du vestiaire s’ouvrit violement sur Logan. Il ne sembla pas réfléchir et tira de toutes
ses forces Bryan en arrière, avant de lui donner plusieurs coups de poing.
-Dégage,
hurla-t-il avec force. DEGAGE !
Bryan partit
en courant et Logan s’approcha d’Allan qui pleurait sur le sol, recroquevillé
sur lui-même.
-Allan… dit
il en lui caressant les cheveux. Allan,
je… je suis désolé… il le prit dans ses
bras. C’est ma faute, dit il en séchant
une larme qui perlait au coin de ses yeux. J’aurais jamais du te laisser tomber… Pardonne-moi, Allan. Pardonne-moi…
Aucun son ne
sortit de la bouche d’Allan et Logan se leva, en le tirant vers lui.
-Viens, on
va se laver.
Allan ne dit
rien, il se laissa conduire jusqu’aux douches. Il écouta Logan, qui lui disait combien il regrettait, combien il avait
regretté depuis le départ de ne pas l’avoir choisi lui plutôt que Julia. L’eau se mit à couler le long de son corps,
et Allan comprit que Logan avait ouvert le robinet d’eau chaude. Ils étaient encore habillés, sous la douche,
et Logan l’enserra par la taille par derrière.
- Me
pardonneras-tu un jour ?
Allan ne
répondit rien. Il ne lui en voulait pas,
mais il ne pouvait pas parler. Il était
en état de choc, mais il savait que ce n’était pas sa faute. C’était à cause de lui que tout le monde
connaissait son orientation sexuelle, mais il l’aurait dite tôt ou tard. Et personne ne pouvait deviner que ce genre
de choses pouvait arriver.
Logan retira
ses vêtements, et il lui fit face, offrant son corps complètement nu à la vue
d’Allan.
-Je… Je peux
te déshabiller ?
Allan ne
répondit rien, et Logan commença par lui retirer son T-shirt. En voyant qu’il ne réagissait pas à
cela, il lui retira le reste de ses
vêtements et pris du gel douche dans sa main. Il se plaça derrière lui et passa sa main sur le dos d’Allan et
entreprit de le laver. Il tremblait
légèrement lorsqu’il arriva au sexe d’Allan, qui n’avait aucune réaction. Logan s’arrêta avant de toucher le sexe
d’Allan. Logan ne bougeait plus, et
Allan se retourna vers lui, intrigué. Il
remarqua alors l’origine de son trouble. L’excitation l’avait envahi et son sexe se dressait fièrement.
-Je suis
désolé, Allan. Tu me fais toujours
autant d’effet…
Allan sourit
tristement. Il s’empara de sa bouche et
embrassa Logan avec tout l’amour qu’il avait pour lui, avant de prendre son
sexe en main et d’entreprendre des vas et viens pour soulager son amour retrouvé. Logan éjacula dans un râle après quelques
minutes, et il prit Allan dans ses bras. Ils restèrent comme ça, dans les bras l’un de l’autre, sous l’eau
brûlante de la douche. Allan se sentait
protégé et Logan se sentait pardonné.
Ils
sortirent de la douche, et Allan s’habilla en silence. Il n’avait plus prononcé un seul mot, et
Logan comprenait son souhait de ne pas parler. Il ramassa leurs affaires, fit son sac, ainsi que celui d’Allan, qui
était assit et ne bougeait pas. Il mit
les deux sacs sur son épaule gauche et tendit sa main droite à Allan, qui la
saisit.
-Suis-moi,
je suis venu en voiture aujourd’hui.
Logan jeta
les deux sacs dans le coffre et s’assit à la place du conducteur. Allan était assit à la place du mort. Il avait ouvert la fenêtre et s’était allumé
une cigarette. Logan l’observa quelques
secondes avant de lui dire :
-Allan… il…
il faudrait aller à l’hôpital.
Allan le
regarda alors, et Logan comprit à la vue de son regard qu’il n’en avait aucune
envie.
-Allan… Tu dois porter plainte contre lui. Je témoignerais. Mais il faut que tu ailles à l’hôpital, que
quelqu’un d’autre constate qu’on t’a violé.
-Non. Je ne veux ni porter plainte, ni aller à
l’hôpital.
-Allan… Tu
ne peux pas laisser ce salaud en toute liberté comme ça !
-Logan,
ramène moi chez moi, j’ai pas envie de parler de ça, je veux juste oublier,
dit-il en recrachant la fumée de sa cigarette.
-Je suis
désolé, mais je ne peux pas faire comme si rien ne s’était passé. Si tu ne vas pas porter plainte, je le ferai
pour toi.
-Dis pas de
conneries.
-Allan… il
pourrait recommencer. Et qui sait ce
qu’il t’aurait encore fait si j’étais pas arrivé ? Il t’aurait peut-être tué, qui sait, dit-il
en essuyant rageusement les larmes qui s’étaient mises à couler le long de ses joues.
-Qui sait ce
qu’il aurait pu te faire, hein ? cria-t-il. Il faut qu’il paye pour ce qu’il t’a déjà
fait !
-Logan…
-S’il te
plait, Allan. Je sais que je ne suis pas
vraiment en position de te dire ça, mais fais le pour moi, si tu tiens un
minimum à moi, fais le.
-Bon…
d’accord.
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J'adore cette histoire, vivement la suite !
J'adore cette histoire. J'espere lire la suite tres bientot. Merci
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