18 janvier 2009
Chapitre 1
Allan
regardait par la fenêtre de l’autocar. Ça faisait bien cinq heures qu’ils roulaient et comme il était endormi
quand le car s’était arrêté, il n’avait pas pu en sortir. Ses jambes commençaient à être sérieusement
ankylosées, et il aurait bien voulu sortir prendre l’air et s’en griller
une. Surtout s’en griller une, à vrai
dire. Il était deux heures du matin et
tout le monde avait fini par s’endormir. Ça donnait une ambiance assez spéciale, comme s’il se trouvait dans un
car fantôme qui se dirigeait sans but.
Allan était châtain
clair, pratiquement blond et avait les cheveux en bataille,
perpétuellement. Ses yeux d’un bleu gris
continuaient de parcourir le paysage du regard. Il s’émanait une aura de profonde tristesse de son être. Il était très beau, mais n’avait pas eu
beaucoup de relations Dans sa vie. C’était principalement du au fait qu’il était gay. Il n’arrivait pas à trouver quelqu’un qui lui
plaise et qui soit gay aussi. Il avait
eu des relations, bien sûr, mais rien de vraiment sérieux.
Depuis deux
heures à peine, Allan avait dix-huit ans. Il se laissait bercer par le cahot du car. Personne ne s’en était rendu compte. Son GSM n’avait pas sonné à minuit tapantes. Ses parents savaient pour son homosexualité,
et ils n’avaient pas très bien accepté la chose. Oh ils ne l’avaient pas abandonné, comme
beaucoup le font, mais ils ont pris la première occasion pour s’éloigner de
lui. Son père avait été muté loin de
chez lui, et ils avaient vendu la maison pour s’installer là bas. Ils lui avaient acheté un petit appartement
et il était resté là, sous prétexte qu’il aurait été mauvais pour lui de
changer si brutalement d’école. De toute
façon, ce n’était plus pareil depuis qu’ils savaient.
Il leur
avait avoué quand il s’en était rendu compte, il y a deux ans. Quand il s’était avoué à lui-même être attiré
par son meilleur ami. Depuis il ne les
voyait que pendant les vacances, mais il avait horreur de les rejoindre. Son père lui adressait à peine la parole et
sa mère, pleine de bonne volonté et de bons sentiments essayait de faire comme
si elle n’avait jamais rien appris de sa sexualité. Mais ça sonnait affreusement creux, et
c’était ça, plus que l’air froid de son père, qu’Allan détestait.
Ca faisait
maintenant deux ans qu’il vivait seul et parfois la solitude le pesait, mais il
invitait des amis et s’accommodait de sa solitude tant bien que mal.
Certains de
ses amis étaient au courant de sa sexualité, pas tous. Il n’avait pas envie d’être le centre des
ragots et de devenir le bouc émissaire de l’école. Son meilleur ami, Logan, dormait en ce moment
même. C’était grâce à lui qu’il avait
tout découvert, mais il s’était bien gardé de lui raconter, parce qu’il voulait
rester son ami, même si ça devait le faire souffrir, même s’il était jaloux des
petites amies qu’il avait… Mais Logan
était au courant de son homosexualité, et au plus grand bonheur d’Allan, il
l’avait accepté comme il était. Jamais
sa sexualité n’avait posé problème entre eux et leurs relations amicales
avaient continué comme elles avaient toujours été.
Un
tremblement plus fort changea Logan de position, et il se cala de manière un
peu plus confortable, déposant sa tête au creux du cou d’Allan. Le cœur de celui-ci se mit à battre un peu
plus vite. Il sentait maintenant son
parfum musqué. Sa tête reposait sur son épaule. Ils étaient sur la route de leur voyage rhéto, en Italie, et la route
était longue.
Le car
s’arrêta enfin dans une station, et Allan se trouva obligé de réveiller Logan,
il devait absolument sortir. Logan
bougonna et le laissa passer. L’air
frais faisait du bien. Il faisait un peu
froid, alors il resserra sa veste contre lui en se dirigeant vers la station
service, il avait une envie pressante. Une fois sorti, il se dirigea près de l’autoroute et s’alluma une
cigarette en regardant les voitures passer. Comme ça faisait du bien ! Il regardait les volutes de fumée s’élever dans le ciel étoilé.
-Joyeux
anniversaire dit une voix derrière lui qui le fit sursauter.
Il se
retourna. C’était Logan. Logan était grand, il avait les cheveux d’un
noir de jais et des yeux bruns rieurs.
-Merci…
désolé de t’avoir réveillé.
-oh c’est
rien, répondit il en s’asseyant sur la bordure
Allan jeta
son mégot au loin et s’en ralluma une autre.
- Tu ne
vivras pas bien vieux en fumant autant.
-Qui a dit
que j’avais envie de vivre vieux ?
-Oh ne parle
pas comme ça.
-De toute
façon…
Allan se
retenait maintenant de ne pas pleurer. De toute façon, personne ne le pleurerait s’il venait à mourir. Il clignait des yeux pour essayer de chasser
les larmes qui commençaient déjà à poindre. Il ne savait pas si Logan l’avait remarqué ou non, mais il le prit dans
ses bras, dans une accolade fraternelle. C’était la seule personne pour qui il comptait. Il se laissa aller à évacuer sa peine dans
quelques sanglots, qu’il essaya tout de même de faire discrets. Logan passait ses mains dans son dos, de haut
en bas. Il était enveloppé dans son
odeur. Il finit par se calmer et
s’éloigna un peu de Logan.
- Excuse-moi,-je...
-Non, c’est
rien, c’est normal. T’as pas ce qu’on
peut appeler une vie facile… allez viens, le car ne va pas tarder à redémarrer.
Allan sécha
ses larmes et suivit son ami, et ils reprirent place Dans le car. Logan se rendormit assez vite, la tête posée
contre son siège et la bouche grande ouverte. « Même comme ça il est sexy » pensa Allan en fermant les yeux
et en se mettant dans une position plus ou moins confortable pour dormir,
malgré qu’il commence déjà à avoir sacrément mal au dos.
Ils
arrivèrent enfin à leur petit hôtel près de Rome, vers sept heures du
matin. Pas question cependant de se
reposer, ils déposèrent leurs valises, déjeunèrent et partirent pour une visite
de la ville.
Ils
visitèrent le Vatican. Jamais Allan
n’aurait pensé qu’il y aurait eu une aussi longue file pour y entrer. L’après midi était une après midi libre, et
nombre d’entre eux allèrent faire du shopping, mais Allan et Logan préférèrent
s’arrêter boire un verre à une terrasse avec deux de leurs amis, Pierre et
Julien. Ils étaient avec eux dans les
chambres. Allan n’aurait de toute façon pas pu se traîner dans tous les
magasins, tellement il avait mal au dos.
Ils finirent
par y passer l’après midi, profitant des quelques rayons de chaleur offerts par
un soleil timide, et se rendirent au point de rendez vous avec un peu
d’avance. Allan était déjà découragé par
le fait qu’ils devaient encore monter leurs valises et les défaire dans leurs
chambres. Heureusement, il y avait un
ascenseur.
La chambre
était plutôt coquette. C’était une chambre
pour un couple et on y avait amené des lits superposés qui avaient l’air bien
moins confortables que le grand lit. Naturellement, Allan se dirigea vers l’un d’eux. Il aurait bien aimé profiter du confort du
grand lit, mais il n’avait pas envie d’imposer à l’un de ses amis de dormir
avec lui. Il n’avait pas envie de les gêner
plus qu’ils ne devaient l’être déjà à l’idée de devoir se balader devant lui
bien moins habillés qu’a leur habitude et il ne voulait tout simplement pas
leur imposer sa sexualité. Il comprenait
que malgré le fait qu’ils l’aient accepté comme il était, ils n’avaient pas
envie de dormir avec lui, même s’il n’aurait rien tenté contre leur volonté.
-ah non, je
ne tiens pas à t’entendre te plaindre pendant tout le séjour ! Tu ne vas quand même pas dormir sur ce lit à
ressorts, tu te plains déjà d’avoir mal au dos !
Allan se
retourna vers Logan. Il ne comprenait
donc pas que ça le gênait d’avoir à s’imposer ?
-Je me suis
dit que vous seriez plus à l’aise si je prenais un des lits une personne…
Pierre et
Julien ne disaient rien, ils étaient d’accord avec lui et Logan le remarqua
tout de suite.
-Moi ça ne
me dérange pas de dormir avec toi ! Et puis comme ça j’aurais pas à me taper les lits déglingués non plus
dit-il en leur adressant un clin d’œil.
-Ok, on
prend les lits superposés, répondit Julien.
Allan était
content de savoir que son ami n’avait vraiment aucun problème vis-à-vis de
lui. De toute façon, il ne le toucherait
jamais, même s’il était amoureux fous de lui, il savait bien que Logan ne
mangeait pas de ce pain là.
Ils
sortirent de la chambre et se dirigèrent vers la salle commune en attendant
d’aller manger. Ils tombèrent sur Julia,
la petite amie de Logan, qui ne cessait de l’embrasser, de le caresser devant Allan,
ce qui le rendait particulièrement jaloux et l’agaçait au plus haut point. Même s’il avait eu la chance de sortir avec Logan,
jamais il n’aurait pu se conduire ainsi en public. Par politesse envers les autres, mais aussi,
il devait se l’avouer, parce que ce genre de comportement entre hommes était
beaucoup moins bien vu que pour un couple hétéro. Après un moment, Allan en eut marre de les
voir se bécoter, il décida de les laisser.
-Je vais
déjà dans la salle à manger, je vous laisse.
Logan eut
tôt fait de le rejoindre, ainsi que Pierre et Julien, et ils mangèrent avec
appétit, la journée ayant été longue. Allan
ne pensait qu’a une chose, aller dormir. Il était éreinté et ce fut comme si on l’avait transporté jusqu'à son
lit, il était couché et ne se souvenait pas avoir fait le chemin jusque
là. Il avait l’impression que c’était le
meilleur lit au monde, le plus moelleux le plus doux, le plus tout et il eut
tôt fait de s’endormir.
Allan rêvait
déjà… il sentait la chaleur d’un corps contre le sien. C’était Logan, collé à son dos. Un sourire béat envahit son visage. Logan lui caressait le torse lentement,
s’attardant sur ses tétons. Il avait
glissé sa main Dans son T-shirt. Elle
descendait toujours plus bas, toujours plus près de son sexe. Il sentait la main de Logan passer sous son
bas de pyjama et continuer de descendre lentement, inlassablement. Il n’attendait qu’une chose, qu’il arrive
enfin au but, mais ne bougeait pas, il voulait aussi profiter de ses caresses
si désirées.
C’est au
moment ou Logan arriva enfin à son sexe qu’Allan se réveilla complètement,
qu’il se rendit compte que Pierre ronflait et qu’il ne rêvait pas. Il ne rêvait pas… Logan était tout contre son
dos, et il caressait lentement son sexe. Allan sentit le sien collé contre ses fesses, il était pratiquement
aussi excité que lui, d’après ce qu’il pouvait sentir.
Allan
n’osait pas bouger. Qu’est ce qu’il lui
prenait ? Logan prit enfin son sexe
en main et commença à lui faire des va et viens, et Allan ne put s’empêcher de
fermer les yeux. Logan accéléra la
cadence et Allan se mordit la lèvre inférieure pour s’empêcher de gémir. Et si Pierre ou Julien se
réveillaient ? Logan faisait ça à
la perfection, si bien qu’Allan en vint à se demander si c’était la première
fois. Son souffle chaud dans sa nuque
l’excitait encore plus. Il allait jouir dans
peu de temps, et il valait mieux que ce ne soit pas dans ce lit. Il mit sa main sur celle de Logan, et
ralentit son mouvement jusqu'à l’arrêter. Il resta un moment comme ça, profitant de la main de Logan sur son sexe,
de son corps contre le sien, puis de leva pour aller finir le travail tout seul
dans la salle de bain. Qu’est ce qu’il
lui prenait tout d’un coup ?
Allan se
masturba vigoureusement dans la salle de bain dont la porte était restée
entr’ouverte. Il faisait le moins de
bruit possible et priait pour que ni Pierre ni Julien ne se réveille à ce
moment précis.
Il sortit de
la salle de bain, et vit Logan dans le lit, il était retourné de son coté et
avait les yeux fermés, comme s’il dormait, comme si tout ça n’avait finalement
été qu’un rêve.
-Logan ?
Logan ne
répondit pas. Visiblement il n’avait pas
envie de parler…
Allan se glissa entre les couvertures et essaya tant bien que mal de trouver le sommeil, mais ce n’était pas si facile après ça. Il se posait maintenant des tas de questions.
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Chapitre 2
À sept
heures du matin, Allan n’avait toujours pas réussi à se rendormir. Il décida d’aller prendre sa douche. Il avait bien réfléchit durant la nuit et il
avait décidé qu’il n’aborderait pas le sujet lui-même et qu’il ferait comme si
de rien n’était. L’eau coulait sur son
visage, ça lui faisait tellement de bien…
Il aurait
certainement une mine affreuse aujourd’hui, mais tant pis. Il sorti de sa douche, se sécha rapidement et
enfila un jean et un t-shirt. Il allait
faire beau aujourd’hui. Tant mieux,
parce qu’ils allaient visiter le Colisée et le Forum, et qu’il en avait
toujours rêvé. Il sortit enfin de la
salle de bain, Dans un nuage de buée.
-Salut les
gars, bien dormi ?
-non pas
vraiment, répondit Pierre, les lits superposés sont atroces, tu sais pas à quoi
t’as échappé… t’as pourtant pas l’air
d’avoir beaucoup dormi…
-oh si, j’ai
dormi comme un bébé, mentit-il. Bon je
descends déjà, je vais déjà déjeuner, je meurs de faim.
Allan
déjeuna seul et sortit ensuite prendre l’air. Il fut rejoint par de plus en plus d’élèves qui attendaient le départ
vers le Colisée. Les profs les
répartirent en petits groupes, pour la visite, et Allan fut soulagé de voir
qu’il n’était pas avec Logan, il n’aurait pas su comment se comporter avec lui.
La matinée
avait vite passé et ils en étaient maintenant à la visite du forum. La fatigue commençait à se faire sentir et Allan
n’écoutait plus que d’une oreille distraite les explications du guide. Il décida de traîner un peu pour s’allumer une
cigarette à l’abri de l’œil du prof, qui n’aurait sûrement pas apprécié qu’il
le fasse pendant une visite guidée, mais il en avait trop envie. Il alluma sa cigarette et en tira une
bouffée. Il soupira en regardant la vue
qui s’offrait à lui et suivit le groupe de loin.
Une main
l’agrippa et le tira en arrière, dans un petit coin sombre. Les battements de son cœur s’accélérèrent,
jusqu'à ce qu’il reconnaisse cette odeur qui lui plaisait particulièrement, celle
de Logan. Ses yeux n’étaient pas encore
habitués à l’obscurité et il n’arrivait pas à distinguer son visage. Logan le plaqua contre le mur et se mit à lui
embrasser avidement le cou. Cela
commençait déjà à faire de l’effet sur Allan, qui tendait le cou pour laisser
libre cours aux pulsions de son « ami ». Logan s’approchait de plus en plus de sa
bouche et finit par déposer ses lèvres contre les siennes. Elles étaient douces et chaudes. Il se mit à lécher les lèvres d’Allan jusqu'à
ce que celui-ci finisse par entrouvrir la bouche, lui permettant d’y glisser sa
langue.
La langue de
Logan caressait celle d’Allan avec tellement de douceur, ça lui faisait un
effet monstre, mais il n’osait pas bouger. Qu’est ce que ça voulait dire ? Logan était hétéro, il avait une petite copine… la main de Logan se glissa sous son T-shirt
et Allan sentit un frisson lui parcourir le dos. Il avait si chaud ! Même s’il l’avait voulu, il n’aurait pas pu
s’enfuir, Logan était plus musclé que lui, et il le plaquait contre le
mur. Depuis le temps qu’il rêvait de ça…
Logan se
recula un peu. Allan reprit sa
respiration, après un baisé si intense… Logan
se retourna et s’apprêta à s’encourir, mais Allan le prit par le bras, le
serrant le plus fort possible, pour être sur qu’il ne s’en aille pas. Il l’attira à lui d’un geste.
-qu’est ce
que ça veut dire ?
-…
-Logan,
qu’est ce que ça veut dire ?
-Je… Je
crois que j’aime les mecs moi aussi…
Allan ne sut
que répondre à cela. Il aimait les
mecs ? Et que faisait-il ? Il testait ses attirances ? Sur
lui ? Allan le lâcha. Alors c’était ça, juste une manière de
vérifier s’il préférait les mecs, il n’en avait finalement rien à faire de lui
ou de ses sentiments ? Allan sortit
de l’alcôve ou il l’avait entrainé et s’alluma une cigarette, il en avait
besoin de celle-ci.
-Attend !
Allan ne lui
prêta aucune attention et continua son chemin. Ou était passé ce foutu groupe ?
-Allan !
-Quoi ?!
hurla-t-il presque
-ça ne te
fait rien de plus ? Tu t’en fiches ?
-De
quoi ? Que tu te serves de moi pour vérifier tes orientations
sexuelles ? Ah si j’en suis
enchanté… Tu n’as peut-être pas pensé que le fait que je sois homo t’autorise
pas à te servir de moi comme ça, mais je suis désolé, je ne suis pas
d’accord !
-Allan… Tu
as mal compris…
Allan le
regarda d’un air sceptique.
-Je… Laisse
tomber, dit-il, en s’enfuyant dans le sens opposé.
-Quel con,
souffla Allan, avant de se remettre à chercher le groupe.
Comment
pouvait-il agir ainsi avec lui ? Lui qui pensait que c’était un ami…
Il trouva finalement
le groupe et se joignit à eux comme si de rien n’était. Personne ne semblait avoir remarqué son
absence. Evidemment. Allan eut mal au cœur tout à coup. Tout le monde se fichait bien de lui. La seule personne qui avait une once
d’intérêt pour lui venait de lui prouver qu’il n’en avait rien à faire
finalement, il n’avait vraiment plus personne. Les larmes commençaient à lui monter aux yeux, mais il se retint. Il ne fallait pas pleurer, pas
maintenant. Il pensa à autre chose, il
pensa à Curry, le petit chien que son père lui avait offert lorsqu’il avait eu
douze ans. Mais le petit husky avait
atteint sa taille adulte maintenant. C’était son seul ami, finalement. Il avait confié à sa gentille voisine la tâche de le sortir et de le
nourrir pendant qu’il n’était pas là.
La visite
avait pris fin sans qu’Allan ne s’en rende vraiment compte, trop perdu dans ses
pensées. Il décida de rentrer
directement à l’hôtel, trop fatigué pour faire du shopping. Une fois arrivé, il se coucha sur le lit et
s’endormit pratiquement instantanément.
Chapitre 3
-Allan !
Allan, réveille-toi, dit Pierre en le secouant légèrement
-mhh laisse
moi…
-Allan, on
va manger tu viens ?
-J’arrive…
-Ok, à tout
de suite !
Allan ouvrit
un œil. Combien de temps avait-il dormi ?
Le réveil sur la commode indiquait dix-neuf heures trente. Ça faisait bien cinq heures qu’il
dormait. Il fallait dire qu’il n’avait
pas dormi longtemps la nuit dernière. Il
se leva et alla à la salle à manger, qui ressemblait plus à un réfectoire qu’a
autre chose. Il s’assit avec son
« ami » Logan et Pierre et Julien. Il s’était assit à coté de Logan pour ne pas avoir à le regarder pendant
le repas. De toute façon il n’allait pas
se mettre à une autre table, ça aurait parut trop suspect… et puis il n’avait
rien à se reprocher, si quelqu’un devait changer de table, c’était Logan. Il n’avait qu’à aller avec Julia.
Les italiens
ont pour habitude de servir un plat de pates en guise d’entrée et après l’avoir
mangé, Allan se demandait déjà comment il ferait pour ingurgiter le reste,
quand Julien s’adressa à lui :
-eh bien on
ne peut pas dire que tu sois bavard ce soir…
-J’ai mal à
la tête, mentit-il, ça doit être pour ça…
-Ah… Dis, ça te dit de venir faire la fête avec
nous ce soir ? On a repéré un petit parc sympa pas loin, et on compte
acheter de la vodka…
Allan
n’avait pas du tout le cœur à faire la fête…
-Ce sera
pour une autre fois, j’ai vraiment trop mal à la tête pour venir les gars…
-Ok, comme
tu veux… et toi Logan ?
-Moi je suis
partant !
La
conversation continuait, mais Allan n’écoutait plus. À quoi bon de toute façon ? Il n’irait pas à cette soirée improvisée et
entendre Logan se réjouir d’y aller ne lui plaisait pas particulièrement. Il laissa la moitié de ce que contenait son
assiette et retourna dans leur chambre. Il était couché sur le lit depuis une bonne heure, contemplant le
plafond quand Logan entra.
-Tu ne
devais pas aller faire la fête avec les autres ? demanda-t-il froidement.
-Je me suis
éclipsé, dit-il. C’est toi que je voulais
voir, mais je savais que si tu savais que je viendrais, je ne t’aurais jamais
trouvé sur le lit dans notre chambre, tu aurais tout fait pour m’éviter.
« On
peut dire que tu me connais bien » pensa Allan, sans rien répondre. Logan s’assit sur le lit, de son coté. « T’as décidé de parler » pensa
Allan en se retournant vers l’autre coté « pas de bol, j’en ai plus
envie ».
Logan passa
par dessus lui, lui donnant l’occasion de sentir ce parfum qu’il aimait tant,
et se coucha en face de lui.
-Allan
écoute…
-Quoi ?
Que tu t’es servi de moi ? Non, ça
j’ai pas besoin de l’entendre… Je
pensais que j’avais un ami, un de ceux que l’on garde toute la vie, et je me
suis trompé. Je n’ai pas besoin que tu
tournes le couteau dans la plaie.
-C’est vrai,
tu t’es trompé, dit il en se rapprochant si près de lui qu’Allan pouvait sentir
son haline alcoolisée à présent. Je ne
suis pas ton ami. Il détaillait son
visage, ses yeux, son nez, et finit par s’attarder sur sa bouche. J’ai envie de toi, dit-il en posant une main
sur sa hanche. J’ai trop envie de toi,
dit-il en lui caressant le torse.
Allan ne
savait pas quoi répondre. Il ne savait
plus quoi penser, il était perdu.
Logan
s’approcha encore, et colla son intimité contre la sienne. Il sourit.
-Et toi
aussi tu as envie de moi, dit-il en lui touchant le sexe pardessus son
pantalon, sentant son érection naissante.
Logan
s’approcha et prit sa bouche et Allan ne put s’empêcher de répondre à ce baiser
ou se mêlaient la passion et le gout de l’alcool encore présent dans sa
bouche. Il l’aimait. Il n’aimait que lui, depuis tout ce
temps. Comment lui refuser un
baiser ? C’était bien au dessus de
ses forces.
Logan eut tôt
fait de se retrouver au dessus de lui, l’embrassant de plus en plus
avidement. Allan lui retira son T-shirt
et passa librement ses mains sur son torse. Logan trémoussa son bassin sur le sexe maintenant dur d’Allan.
-Je voudrais
que tu me prennes… S’il te plait.
Allan arrêta
là les caresses. Une chose était de
s’embrasser et de se caresser, l’autre était de faire l’amour. Car s’il faisait l’amour avec Logan, Logan de
son coté ne ferait que se faire baiser. Sans parler du fait qu’il s’agissait de la première fois que Logan se
ferait prendre… Et qu’il était manifestement saoul et pourrait le regretter le
lendemain.
-non, dit il
en essayant de se relever, mais Logan avait toujours été plus fort que lui, et il l’immobilisa en lui
maintenant les poignets contre le matelas. Allan se débattit quelques secondes avant de se soumettre.
-Pourquoi ?
-Parce que les
autres pourraient revenir à tout moment, dit-il en prenant le premier prétexte
venu.
-t’inquiète
pas, vu les réserves d’alcool qu’ils se sont faites, ils en ont pour un bout de
temps ! Alors ?
-écoute,
Logan. J’en meurs d’envie, comme tu peux
le sentir, dit-il en donnant un petit coup de hanches sur ses fesses, lui
collant par la même occasion son sexe à ses fesses, mais tu es saoul, et tu
regretteras tout demain. Et puis je ne
suis pas là pour assouvir tes envies.
-Je t’assure
que non ! Je ne suis pas saoul, je suis juste… un peu pompette, comme
dirait Julia, dit-il en riant. Et puis
je ne regretterais rien ! Et même si c’était le cas, tu n’en saurais rien,
je te le promets. Tu n’auras pas à t’en
vouloir à toi-même…
Allan
pensait à cent à l’heure. Il avait très
envie de lui faire l’amour, surtout quand il se frottait comme il le faisait
contre son intimité. Mais il savait que
Logan ne ressentait rien pour lui. Il
savait que ça le ferait souffrir par la suite. Mais tant pis, pensa-t-il, quitte à ce que Logan aie envie de lui,
autant qu’il en profite, lui aussi.
Il
l’embrassa pour toute réponse. « Je
ne sais pas dans quoi je m’engage » pensa-t-il.
-Génial,
souffla Logan en enlevant son t-shirt.
Il commença
à le caresser, à l’embrasser dans le cou, il titilla ses tétons de sa langue,
les mordillant au passage, puis se releva et lui ouvrit son pantalon. Allan enleva son pantalon et son boxer par la
même occasion et se débarrassa de ceux de son ami. Il lui saisit le sexe et commença à le masser
sensuellement. Il coucha Logan sur le
lit et approcha sa bouche de son sexe. Il commença par lui lécher le gland, lentement. Puis il lécha son sexe sur tout le long, à
partir de la base, et l’avala en entier, sous un gémissement de son
partenaire. Tout en effectuant des
mouvements de va et viens, il masturbait la verge dressée de Logan, qui lui
était tellement appétissante.
-Met… toi…
dans l’autre sens, articula Logan.
Allan
s’exécuta et se retrouva une jambe de chaque coté de la tête de Logan, qui ne
tarda pas à se mettre lui aussi à lécher et masturber le sexe d’Allan. Logan ne tarda pas à jouir dans un râle et
Allan avala sa semence, avant de changer de position plus agréable pour
lui. Logan s’y prenait décidément bien
pour ce genre de choses. Allan éjacula à
son tour dans un dernier gémissement de plaisir. Logan se coucha sur lui et se mit à
l’embrasser presque tendrement.
Les caresses
d’Allan devinrent plus ciblées et se concentrèrent petit à petit sur l’anus de
son partenaire, qui avait l’air de les apprécier. Il finit par porter ses doigts à sa bouche
avant d’en introduire un, puis un second dans la cavité de son ami, effectuant
des mouvements de ciseaux.
-Allan,
vas-y, j’en peux plus d’excitation…
-ça peut te
faire mal, comme c’est la première fois, mais ne t’inquiète pas, la douleur
sera vite remplacée par le plaisir… Il
n’est pas trop tard si tu veux t’arrêter.
-Non, non,
vas y !
-Bon, j’y
vais alors, dit-il en joignant le geste à la parole et en le pénétrant pour la
première fois.
Une fois à
l’intérieur, il ne bougea pas pendant quelques secondes, le temps pour Logan de
s’habituer à cette nouvelle présence en lui et pour lui de profiter pleinement
de l’instant présent. Il avait rêvé de
ce moment depuis si longtemps, il se sentait si bien dans cette cavité étroite
et chaude…
-Je vais
bouger maintenant, prévint-il.
Il voyait le
visage crispé de douleur de son ami, mais il savait que le seul moyen de faire
partir cette douleur, c’était de bouger. Il faisait des mouvements lents pour ne pas le brusquer, mais il ne
savait pas s’il tiendrait bien longtemps comme ça. C’est avec soulagement qu’il accéléra la
cadence aux premiers gémissements de Logan. Ces nouvelles sensations devaient lui plaire, parce qu’il ne tarda pas à
éjaculer, bientôt suivi d’Allan qui se laissa aller. Il se retira et lécha le fruit du plaisir de
Logan, qui s’était répandu sur son ventre. Il se coucha à coté de lui.
-Tu as
aimé ?
-J’aurais
pas pu rêver mieux !
- Tant
mieux, répondit-il, en cherchant quelque chose à se mettre sur le dos avant de
s’allonger pour dormir sans un mot de plus.
Il entendit
Logan se rhabiller et partir dans un claquement de porte.
Chapitre 4
Allan se
réveilla le lendemain matin à sept heures. Logan n’était pas là et il ne savait pas du tout s’il était rentré
dormir durant la nuit ou non. Il
réveilla Pierre et Julien, qui souffraient des conséquences de leurs actes de
la veille, c'est-à-dire d’un mal de tête atroce.
C’était leur
dernière journée en Italie, après ils retourneraient à leurs petites vies
habituelles.
Il finit par
trouver Logan qui enlaçait Julia. Il
ressentit un pincement de jalousie. Il
avait surement du aller dormir dans sa chambre. Il le savait de toute façon, ce n’était que le coup d’une nuit, même si
ça lui déchirait le cœur d’avoir à se l’avouer.
Allan
donnait sa valise au chauffeur du car avant de monter dans le bus. Il se demandait bien à coté de qui il
finirait. Il ne comptait en tout cas pas
sur Logan qui ne lui avait pas jeté un regard de la journée. Il s’assit seul, et fut rejoint par Benjamin,
un gars un peu bizarre qui portait des vêtements gothiques et ne levait pas le
nez de ses livres de vampires de 500 pages minimum. Heureusement qu’il était à coté de la
fenêtre. Benjamin ne lui adressa pas une
seule fois la parole et il ne fit rien pour rompre le silence. Il finit par s’endormir.
Le car qui
s’arrêtait mit fin à son rêve ou il était poursuivit par une agrafeuse géante.
Sa vieille montre griffée indiquait quatre heures du matin. Pour rien au monde il n’aurait changé de
montre, même si son aspect laissait à désirer. Aux grandes occasions, il préférait ne pas en porter que d’en
changer. C’est son père qui lui avait
offerte, quand il était encore « normal ». C’était le dernier cadeau qu’il lui avait
fait avant de découvrir son homosexualité, et il tenait particulièrement à la
conserver.
Il descendit
du car pour prendre l’air et fumer une cigarette. Le vent frais lui ébouriffait les cheveux. Il s’alluma une
cigarette et souffla la fumée en faisant des ronds. Il avait merdé.
Il n’aurait pas du le faire. De là ou il était, il voyait Logan dormir
contre la vitre du car, tenant Julia dans ses bras. Qu’il avait été
con. Mais quel con ! Il avait tout perdu, son seul ami et son amant
potentiel. Jamais il n’aurait du lui céder… Mais c’était si bon… Si
bon d’être en lui, de voir son visage s’empourprer sous l’effet de la chaleur
qu’il produisait en lui… De toute façon, ça n’était pas sain. Ça
n’était pas sain d’aimer son meilleur ami. Au moins là c’était clair, ça
ne se reproduirait plus. Il devait l’oublier et se trouver
quelqu’un. Quelqu’un comme lui, qui aimait les hommes et qui ne se
servirait pas de lui.
-Allan,
on repart, dit l’un des profs qui remontait dans le bus.
Allan
jeta son mégot au loin. Il fallait qu’il arrête ça aussi.
Allan
fut réveillé par Benjamin.
-On
est arrivés, dit celui-ci.
Il
se leva et fit la file avec les autres devant les soutes.
-Hey
Allan !
Allan
se retourna vers Pierre.
-Pourquoi
tu t’es mis avec Seigneur Dracula ? T’aurais du venir avec
nous !
-J’ai
pas vu qu’il y avait de la place avec vous, mentit Allan
-Oh
tu sais, la place ça se crée, répondit Pierre en prenant son sac. C’est
le tien ça non ?
-oui
-Tiens,
dit-il en lui tendant son propre sac.
-Merci.
Au revoir !
-Ouais,
bonnes vacances !
Allan
se retourna et soupira en voyant la foule qui s’était amassée autour du bus.
Les parents des autres élèves étaient venus les chercher. Il aperçut
Logan qui enlaçait sa mère et le jalousa. Depuis le temps qu'il n'avait
plus droit à ce genre de choses... Il devait s'avouer qu'il manquait
cruellement de contacts physiques et que son rapprochement avec Logan lui avait
fait du bien. Il aimait être touché, embrassé, enlacé... Et
recevoir toutes ces attentions lui avait rappelé combien il en manquait. C'était
décidé, il fallait qu'il se trouve un copain, le problème était de savoir
comment.
Il
déposa son sac dans sa voiture qu'il avait garée là le jour du départ et entra
dans celle-ci en claquant la porte, et mit la musique à fond. Il était
content d'être rentré. Une fois arrivé, la première chose qu'il fit fut
d'aller chercher Curry chez la voisine. Il lui fit la fête en le voyant
et cela lui fit chaud au cœur. En entrant il jeta son sac à terre près de
l'entrée et se jeta dans son fauteuil. C'était les vacances de Pâques et
il n'avait qu'une envie, s'enfouir sous la couette de son lit et entrer en
hibernation. Malheureusement il devait aller passer les vacances chez ses
parents. On était vendredi et il devait partir lundi.
Le
chien le réveilla le lendemain en lui léchant la main. Il avait besoin
d’être sorti. Allan se leva à contrecœur et lui attacha sa laisse.
Heureusement qu’il était là, lui au moins, pensa-t-il. C’était plus Curry
qui le sortait que lui qui ne sortait Curry. Il s’alluma une cigarette,
oubliant sa bonne pensée de la veille et fit le trajet habituel qu’il faisait
pour promener le chien.
Allan
passa la journée à laver et repasser les vêtements qu’il voulait prendre avec
chez ses parents.
Le
lendemain, Allan fit déjà son sac. Il partirait tôt le jour d’après et
arriverait chez lui pour l’heure du déjeuner.
Il
fut surpris, vers vingt heures d’entendre que l’on sonnait chez lui.
C’était certainement la voisine qui s’était encore enfermée dehors et qui
venait lui demander d’ouvrir sa porte avec le double qu’elle lui avait
donné. Il ouvrit la porte sur Logan qui se jeta sur lui sans lui laisser
le temps de réagir.
Logan
le serrait dans ses bras et lui ne savait pas quoi faire. Il avait
toujours la main posée sur la poignée de porte et son autre bras pendait le
long de son corps. Après un moment il repoussa lentement son ami, et le regarda
dans les yeux. Dieu qu’il aimait ces yeux là !
-Je…
Je suis désolé…
Allan
s’écarta de l’entrée de la porte pour le laisser entrer, sans dire un mot.
Il était bien incapable de trouver quoi que ce soit à dire.
-Je… Je n’arrête pas de
penser à toi depuis l’autre jour…
Allan ne répondit rien.
Lui aussi pensait toujours à lui, mais ça durait depuis bien plus longtemps…
-Je ne sais pas pourquoi je
suis venu, lâcha Logan, excuse-moi, je m’en vais.
-Non !
Logan le regarda, surpris,
mais Allan ne dit toujours rien. Il s’assit sur le fauteuil et Allan vint
s’assoir à coté de lui. Si Logan venait jusque chez lui, c’est qu’il ne
s’était pas fichu de lui. Peut-être qu’il ne l’aimait pas comme lui
l’aimait, mais il devait avoir des sentiments pour lui, pour oser se présenter
chez lui.
-Je… C’était difficile
de dire ce genre de choses… Je suis désolé… J’aurais pas du réagir comme ça,
mais je croyais que tu te fichais de moi…
-Non, je
n’étais juste pas très sur moi-même de savoir ce que je veux, c’est pour ça…
Allan hésita
un instant avant d’oser lui demander :
-Et
maintenant, tu sais ce que tu veux ?
-Oui…
-Quoi
ça ?
-Pourquoi crois-tu
que je sois là ?
-Ce n’est
pas en posant une question qu’on répond à une autre question !
-C’est toi
que je veux…
Allan
s’approcha et l’embrassa avec tendresse. C’était ce qu’il voulait entendre, ce qu’il avait toujours voulu
entendre et il se sentait si proche de Logan à présent… Sa main se glissa sous son t-shirt presque
inconsciemment, quand soudain une pensée lui traversa l’esprit, l’arrêtant net
dans son élan.
-Et
Julia ?
-Elle ne
doit pas savoir… Allan retira vivement sa main de sous son T-shirt.
-Ecoute, je
ne suis pas prêt à vivre ça au grand jour, et à part toi je n’ai aucune raison
de quitter Julia…
Allan se
raidit.
-Je ne
partage pas, dit-il en se dirigeant vers sa chambre en claquant la porte. Il s’assit sur son lit et prit une profonde
inspiration, juste au moment ou Logan entrait.
-Ecoute… Je
voudrais… Je voudrais avoir une relation avec toi… mais je ne peux pas quitter
Julia, pas tout de suite en tout cas…
-Je ne crois
pas être capable de te partager avec elle… Je… J’ai besoin de temps pour
réfléchir…
Logan prit
une teinte rouge tout à coup.
-Ca ne te
dérange pas si je dors ici cette nuit ? J’ai dit à ma mère que je sortais avec Julia mais je lui ai téléphoné
pour annuler quand je suis passé devant chez toi et j’ai pas vraiment envie de
rentrer chez moi…
-Comme tu
veux, mais je pars tôt demain matin, chez mes parents.
-Tu n’auras qu’à
me réveiller, je m’en irais avec toi.
Allan prêta
un bas de pyjama à Logan et enfila le sien avant de se faufiler dans ses draps. Après un certains temps sans arriver à dormir
à cause de Logan qui ne cessait de se tourner dans son lit, il sentit ce
dernier s’approcher de lui et lui enlacer la taille avant de caler sa tête dans
son cou. Un sentiment de bien être envahit
Allan.
-Bonne nuit.
-Bonne nuit…
Le lendemain
matin, Allan réveilla Logan et ils se préparèrent.
Allan ferma
le coffre de la voiture, dans laquelle il avait déjà fait entrer Curry.
-Tu veux que
je te dépose chez toi ?
-Non ça ira,
je vais marcher un peu…
-Ok, comme
tu voudras… à dans deux semaines alors…
-Oui, à dans
deux semaines…
Logan
s’approcha de lui et lui fit un chaste baiser sur les lèvres, avant de lui
faire un petit sourire que lui rendit Allan. Il monta dans la voiture et claqua la portière. Il mit le contact et démarra.
Ça faisait du bien pour une fois d’avoir quelqu’un à qui dire au revoir. Il regardait Logan qui rapetissait à mesure qu’il s’éloignait dans son rétroviseur. Il ne savait pas vraiment quoi faire, il voulait plus que tout sortir avec Logan, et ce depuis longtemps déjà, mais il ne savait pas s’il était prêt à le partager avec Julia, à vivre dans son ombre…
Chapitre 5
Allan arriva
dans l’après midi devant la petite maison de ses parents. Il se gara dans l’allée, et sa mère sortit
l’accueillir, un torchon dans une main, un verre dans l’autre.
-Bonjour mon
cœur, tu as fait un bon voyage ? Demanda-t-elle d’une voix chantante en
s’approchant de lui.
-Ca peut
aller, répondit Allan qui était maintenant dans les bras de sa mère. Il laissa Curry sortir de la voiture. Le chien connaissait les lieux, il
l’accompagnait dans tous ses séjours chez ses parents et c’est pourquoi Allan
ne prit pas peur en le voyant s’éloigner.
-Allez
viens, ton père t’attend dans le salon.
-Il
m’attend, t’es sûre, demanda Allan en prenant son sac dans le coffre.
La mère
d’Allan lui jeta un regard noir avant de se diriger vers l’entrée de la
maison. Allan lui emboita le pas et
entra dans cette maison qui lui était si bizarrement familière et étrangère à
la fois. Il laissa son sac dans l’entrée
et passa dans le salon pour saluer son père, un homme d’une stature carrée et
au visage sévère.
-Salut papa.
-Bonjour. Sa voix était froide et impersonnelle.
Allan
soupira avant de murmurer :
-Bon ben je
vais monter mon sac…
Il fuit
cette pièce plus qu’il n’en sortit, pris son sac et monta directement dans sa
chambre. Il y avait tout ce qu’il
fallait dans cette chambre. Un lit, une
personne bien sur, ses parents n’auraient pas apprécié de le voir partager son
lit sous leur toit, surtout connaissant ses orientations sexuelles, un petit
bureau et une armoire pleine de vêtements qu’il laissait là. C’était une chambre à part entière, bien
différente de celle qu’il avait chez lui. C’était une chambre d’adolescent, alors que celle de son appartement était
celle d’un adulte. Quand il revenait
ici, il se sentait comme un enfant, un enfant pris en faute et à qui on en
voulait. Il alluma sa chaine hifi et y
inséra un CD qui était rangé à coté. Il
sortit ses cours de son sac, il devait travailler pendant ces vacances, ainsi
que quelques effets personnels comme son parfum qu’il savait qu’il n’allait pas
beaucoup employer et sa brosse à dents qu’il alla ranger avec celle de sa mère
et son père dans la salle de bain. Il
regarda son reflet dans le miroir, ses mains appuyées de chaque coté du
lavabo.
-Quelle vie
de merde…
Allan
descendit à l’heure du repas. Ils
mangèrent en silence, le bruit des couverts s’entrechoquant leur servant de
musique de fond, et une fois le repas terminé, après avoir aidé sa mère à
débarrasser la table, Allan retourna se réfugier dans sa chambre, fuyant
l’ambiance glaciale qui régnait.
À peine
quelques minutes plus tard, il entendit la voix de sa mère à travers la porte.
-Allan, mon
grand, je peux entrer ?
-Oui…
Il vit sa
mère entrer. La mère d’Allan avait les
traits fins et des cheveux châtains. Elle
était très belle, en tout cas, c’est ce que pensait Allan.
Sa mère
s’approcha de lui et le pris dans ses bras, le pressant contre sa poitrine.
-Ca
va ? demanda-t-elle. Allan cilla. Savait-elle qu’il était
malheureux ? Une mère pouvait-elle
sentir ce genre de choses même si les liens qui les liaient s’étaient
altérés ?
-Ca va,
répondit-il d’une voix rauque. Il ne voulait pas se confier à elle. Elle l’avait abandonné, il n’avait pas à se
livrer. De toute façon, cela touchait un
sujet qu’elle ne voulait certainement pas aborder.
Elle le
serra un peu plus contre elle avant de se relever.
-Je suis
désolée que tu ne te sente pas bien ici…
-C’est rien,
je ne reste jamais longtemps de toute façon…
Sa mère
soupira avant de sortir en refermant la porte derrière elle.
Allan eut du
mal à s’endormir ce soir là. Il entendit
la porte de sa chambre s’ouvrir, mais garda les yeux fermés. Il entendit sa mère soupirer et sentit son
lit s’affaisser sous son poids.
Elle passa
sa main dans ses cheveux, comme elle avait toujours aimé le faire, et caressa
son visage.
-Je t’aime
toujours tu sais…
Allan crut
un instant qu’elle savait qu’il était éveillé, mais elle l’embrassa sur le
front et sortit de sa chambre sans un mot de plus.
Le
lendemain, Allan embrassa sa mère sur la joue et lui souffla « moi aussi
je t’aime toujours » avant de prendre place à table en souriant en face de
son père qui déjeunait en lisant le journal. Un sourire effaça vite l’expression
de surprise qui s’affichait sur le visage de la mère d’Allan.
Les journées
passaient et Allan se rapprochait de plus en plus de sa mère, allant jusqu'à
rire avec elle. Son père par contre
gardait son air distant et froid en toutes occasions, puis vint le jour de
rentrer chez lui, les cours reprenaient le lendemain. Il n’était pas triste à l’idée de s’en aller
mais le fait que sa mère et lui s’entendent mieux le rendait moins heureux de
partir.
Autre chose
le tracassait lorsqu’il fut au volant de sa voiture, mettant de la distance
entre la petite maison de campagne et lui. Il avait réfléchit à ce que lui avait dit Logan, il avait pesé le pour et le contre, mais il ne s’était
toujours pas décidé. Qu’allait-il
faire ? Il pensait que s’éloigner
un peu de son environnement quotidien l’aiderait à réfléchir, mais rien n’y
faisait. Il aimait Logan mais ne voulait
le partager avec personne, pas même avec Julia.
Le
lendemain, il retrouva Logan à l’entrée du lycée et remarqua tout de suite son
air interrogateur. Comment devait-il lui
dire bonjour ? Il l’avait embrassé
en le quittant, cela voulait-il dire qu’il devait l’embrasser
maintenant ? Allan se rapprochait
de plus en plus et il finit par se dire qu’il valait mieux faire comme
d’habitude. Peut-être que Logan ne
voulait pas qu’on sache qu’il était homosexuel, peut être ne voulait-il pas se
faire embrasser à l’entrée du lycée.
-C’était une
mauvaise idée, finalement…
-Quoi
ça ? demanda Allan
-D’attendre
la fin des vacances pour me donner ta réponse. J’y ai pensé pendant toutes les vacances…
Allan prit
une grande inspiration. C’était le
moment de se décider. Soit il acceptait
et il partageait, au risque d’en souffrir, soit il refusait et perdait son
amant et peut-être même son ami, ce qui le ferait aussi souffrir.
-C’est
d’accord…
Logan lui
sauta au cou et son odeur envahit les narines d’Allan. Le cœur de ce dernier battait la
chamade. Ça y était, il sortait avec
Logan, son seul amour ! Logan
l’embrassa discrètement dans le cou avant d’ajouter :
-Tu m’as
manqué…
-Toi aussi
tu m’as manqué.
-Je suis
désolé d’avoir à dire ça, mais tu t’en doutes, ça doit rester entre nous…
-Bien sur…
C’est à ce
moment là que Pierre et Julien débarquèrent et qu’ils commencèrent à
piailler. Il était maintenant impossible
pour Allan et Logan de se parler.
Quand Julia
arriva à son tour, Alla serra des poings sans rien dire, pendant qu’elle
embrassait SON homme. C’était le marché,
il devait l’accepter.
-Eh ben,
qu’est ce que t’as ? demanda Julia d’un air enjoué en remarquant qu’il les
fixait.
-Non rien…
Une fois en
classe Allan et Logan prirent place côtes à cotes, comme ils en avaient l’habitude. Allan posa sa main sur la jambe de Logan,
cherchant à se rassurer, et ce dernier la prit, entrelaçant ses doigts aux
siens, puis, après un instant qui parut bien trop court aux yeux d’Allan, Logan
défit ce lien.
La journée
se passa sans encombre et Allan et Logan prirent tous deux le chemin pour
rentrer chez eux. Au croisement qui
devait les séparer, ils s’arrêtèrent. Allan se demandait dans quoi il s’était embarqué, même là, à plus d’un
quart d’heure à pied de l’école, il n’osait pas embrasser son amant. Logan lui prit sa bouche avec fougue alors
qu’il allait lui proposer de venir passer un moment chez lui. Allan ne put s’empêcher de se plaquer contre
le corps si attirant de son ami durant le baiser et c’est un peu hors d’haleine
et ayant les joues rougies qu’il lui demanda s’il voulait venir chez lui.
-d’accord,
répondit simplement Logan.
Au bruit des
clefs dans la serrure, Curry sut que son maitre était là et une fois la porte
ouverte, il se jeta sur lui comme à son habitude, lui léchant les mains et
agitant la queue.
-Oui Curry
mon beau, laisse nous entrer…
Allan entra
suivi de Logan.
-Tu veux
quelque chose à boire ?
-Un coca
s’il te plait, répondit Logan en s’assaillant sur le canapé.
Allan vint
s’asseoir à coté de lui, un verre de coca dans chaque main.
-tiens.
Un silence
pesant tomba dans la pièce. Allan ne
savait plus quoi dire tout d’un coup. Logan lui avait manqué et le voir dans les bras de Julia toute la
journée avait été un vrai supplice pour lui. Il mit fin à la distance qui les séparait encore et enfouit son visage
dans le cou de Logan, qui l’entoura de ses bras.
-Embrasse-moi,
demanda-t-il.
Logan se
pencha vers lui et l’embrassa doucement, lui léchant les lèvres et caressant sa
langue avec la sienne. Allan se resserra
contre lui et passa sa main dans les cheveux foncés de son amant.
-J’ai envie
de toi, souffla-t-il.
Logan ne se
fit pas prier, on aurait dit qu’il attendait une invitation. Il caressa sensuellement le torse d’Allan et
lui enleva son t-shirt avant de se défaire du sien. Il embrassa Allan dans le cou, sur les
épaules et s’attarda sur ses mamelons durcis par l’excitation qu’il provoquait
en lui. Ce qu’il était sexy comme
ça !
-Viens,
murmura Allan en se levant et en se dirigeant vers sa chambre.
Il se coucha
dans le lit dans une pose lascive et on ne peut plus explicite, mettant bien en
vue son anus.
Logan
s’approcha de lui et le surprit par son audace, en se mettant à lui lécher
l’anus. Lui-même n’avait pas été si
franc lors de son premier rapport dans ce sens. Il fermait les yeux sous le plaisir ressentit, gémissant déjà. Logan se lécha deux doigts et les introduits
directement les deux en même temps dans la cavité de son amant qui en ressentit
une vague de plaisir. Les mains d’Allan
se perdaient dans les cheveux de Logan et il ne put s’empêcher de faire de
petits mouvements de bassin pour approfondir le mouvement que faisait déjà son
amant. Il attira sa tête près de la
sienne, l’obligeant à sortir ses doigts de sa cavité humide et lui murmura :
- Prends-moi
maintenant, avant de l’embrasser avec passion.
Logan s’exécuta
et introduit son sexe durci dans l’anus de son ami.
Les deux
jeunes hommes ne tardèrent pas à jouir en même temps. Allan se blottit contre Logan, avec un
sourire béat. Comme c’était bon !
Chapitre 6
Le réveil
d’Allan sonna à sept heures, il
l’éteignit aussitôt. Il lança son bras
en arrière, à la recherche du corps de son amant, mais sa main s’abattit sur
les draps encore tièdes. Il entendit
l’eau de la douche se mettre à couler. Cela faisait maintenant deux mois qu’il sortait avec Logan, et il venait
régulièrement dormir chez lui, prétextant un travail qui prenait du temps ou
disant qu’il allait chez Julia à ses parents. Allan se leva et se défit de son boxer, avant d’ouvrir la porte de la
salle de bain sans prendre la peine de toquer, après tout, il était chez
lui !
Il entra
sous la douche et enserra son amant, qui sursauta, par la taille.
-Je ne
t’avais pas entendu arriver, dit Logan.
-C’était
fait exprès, répondit Allan en prenant un peu de gel douche avant de se mettre
à « laver » le sexe de son partenaire
-On va
arriver en retard en cours si tu commences comme ça…
-Oh c’est
pas grave, pour une fois…
-Oui, sauf
que c’est la 2e fois cette semaine et la septième ce mois ci ! On
va finir par avoir des ennuis !
Allan
soupira.
-Bon, comme
tu veux...
-tu dois
toujours m’exciter, broncha Logan, frustré.
Allan
trouvait Logan particulièrement sexy ce jour là. Il portait un simple T-shirt noir imprimé qui
moulait parfaitement ses muscles finement ciselés et un jean délavé et troué
aux genoux.
Il lui
embrassa le cou tout en continuant à marcher vers l’école et en lui prenant la
main. Une fois arrivés dans la rue du
lycée, ils se lâchèrent la main, automatiquement. Ils ne devaient même plus y penser. Logan aperçut Julia plus loin et il
s’approcha d’elle en soufflant un « A plus tard » à Allan.
Ça faisait
deux mois que Logan retirait sa main de la sienne pour la placer dans celle de
Julia, et Allan ne s’y était toujours pas fait. Il serra les dents en les voyant s’embrasser. Ça ne pouvait plus continuer comme ça…
Allan se
rendit dans la salle de classe ou il devait avoir un cours de biologie, sans
Logan, qui avait cours de math avec Julia pendant ce temps là. La classe se remplit rapidement d’élèves
bavardant bruyamment et Pierre vint s’asseoir à coté de lui.
-t’en fais
une tête ! Mal dormi ?
-Si, ça va…
Le
professeur entra et le silence se fit dans la classe. Les examens allaient
bientôt commencer et chacun redoublai d’attention envers la moindre parole d’un
membre du corps enseignant, en quête du moindre indice concernant les questions
les plus susceptibles d’être posées à l’examen. La chaleur donnait envie de dormir à Allan. Il n’avait pas du tout la tête à écouter le
cours. Il pensait à Logan. Et à Julia. Ça ne pouvait plus continuer. Il
vit l’objet de ses pensées passer devant la porte de la salle de classe, ouverte
à cause de la chaleur ambiante.
-Monsieur,
il faut absolument que j’aille aux toilettes, mentit-il
-
dépêche-toi dans ce cas.
Allan ne se
fit pas prier et rattrapa vite Logan, qui ne l’avait pas entendu arriver. Il l’enlaça par derrière.
-Allan, t’es
dingue, si quelqu’un nous voyait !
-On s’en
fiche, dit il en entreprenant de lui embrasser le cou, j’ai trop envie de toi,
sens, dit il en le forçant à déposer sa main contre son pantalon, à l’endroit
ou son sexe formait une petite bosse.
Logan
regarda autour d’eux. Le couloir était
vide.
-Viens,
allons aux toilettes, murmura-t-il en lui prenant la main.
À peine
eurent-ils fermé la porte des toilettes que leurs bouches se joignirent. Logan introduit sa main dans le boxer d’Allan
et entreprit de le masser doucement. Allan
laissa s’échapper un gémissement d’entre ses lèvres et Logan l’embrassa pour l’empêcher
de faire trop de bruit et ouvrit fébrilement sa braguette.
Allan
refermait sa braguette, après s’être fait sucé comme jamais par Logan. Il le regardait mettre de l’ordre dans ses
vêtements à travers la glace.
-Logan…
-mhh ?
-…
Logan se
retourna.
-Quoi,
demanda-t-il avec douceur.
-J’aimerais…
J’aimerais que tu rompes avec Julia…
Logan se
renfrogna.
-Je ne peux
pas faire ça.
-Pourquoi ?
Tu… Tu l’aimes ? demanda Allan avec une pointe d’appréhension dans la
voix.
-Je… Allan,
il n’y a aucune raison pour la laisser tomber, que veux tu que je lui
dise ?
-Et moi, je
ne suis pas une raison ?
-Je ne peux
pas lui dire que j’ai viré gay ! D’ailleurs, je ne suis pas gay…
Les mots de
Logan blessaient Allan. Il n’était même
pas une raison suffisante pour lui.
-Eh bien
alors je crois qu’on va en rester là, dit il en s’en allant.
C’était
décidé. Allan ne voulait pas vraiment en
rester là. Il voulait le rendre jaloux. Une fois arrivé chez lui, Allan se mit à
regarder la télévision. Il n’y avait
vraiment rien d’intéressant, et il ne pouvait s’empêcher de penser à ce qu’il
s’était passé cet après midi. À 21h30,
après avoir ruminé ses pensées trop longtemps, il se leva d’un bond de son
canapé et pris ses clefs avant de sortir.
Il se fraya
un chemin dans le bar bondé et s’assit au bar, avant de commander un whisky
coca. C’était le bar gay le plus branché
de la ville. Il voyait autour de lui des
hommes se faire des sourires charmeurs, flirter ouvertement et sans honte. Il se mit à observer ses pairs, il cherchait
quelqu’un qui lui plairait, qui puisse rivaliser avec Logan. Il finit par repérer un garçon qui devait
être un peu plus vieux que lui, il avait les cheveux châtains et paraissait
être la 5e roue du carrosse. Il était avec deux couples homos. Allan vit le verre qu’il avait devant lui, une vodka rouge redbull, à ce
qu’il pouvait deviner à la couleur rouge du breuvage et à la canette de redbull
sur la table. Il en commanda un et
s’approcha de la table avec son propre verre. Il tira une chaise et s’assit juste à coté de lui.
-Je peux t’offrir
un verre, dit il en le déposant sur la table et en regardant l’homme avec son
plus beau sourire charmeur.
Allan apprit
vite qu’il s’appelait Mike et qu’il ne faisait pas du tout son âge, puisqu’en
réalité, il avait vingt-quatre ans.
Allan était
déjà très éméché lorsque Mike lui proposa de le raccompagner chez lui, ce qu’il
accepta avec une joie non dissimulée.
-C’est
quelle clef ? demanda-t-il, après qu’Allan lui eut tendu son trousseau,
devant la porte.
-La petite
ronde.
La porte
s’ouvrit et Allan entra en entrainant Mike dans son passage, directement
jusqu'à la chambre ou il le poussa sur le lit.
-Tu es sur
que c’est ce que tu veux ? Et tes
parents, ils ne sont pas là ?
-Je suis
absolument sur de ce que je veux ! Et je vis seul, dit-il avec un sourire
avant de se mettre à lui ouvrir la chemise et à lui embrasser le torse.
Mike lui
enleva son t-shirt et son jeans. Allan
enleva lui-même son boxer, dévoilant une érection naissante, sans gêne aucune,
et il se dépêcha de mettre Mike nu.
Mike lui mit
un doigt en bouche, qu’il lécha avec excitation, pendant que Mike lui léchait
déjà l’anus. Sa langue fut bien vite
remplacée par son doigt, qu’il fit aller d’avant en arrière, avant d’en mettre
un second et de faire des mouvements de ciseaux, arrachant déjà quelques
gémissements de plaisir à Allan, qui firent comprendre à Mike qu’il pouvait
aller plus loin. Il inséra son sexe avec
un râle de plaisir dans l’étroite cavité d’Allan. Une passion des corps se faisait sentir entre
eux. Allan perdait la tête, l’alcool
aidant, il prenait vraiment son pied. Une fois qu’ils eurent tous les deux jouis, Mike se blottit contre Allan
et ils s’endormirent paisiblement.
Allan et
Mike arrivèrent dans la rue de l’école, main dans la main. Au lieux de retirer sa main se la sienne,
comme il le faisait avec Logan, Allan la serra un peu plus fort, comme pour se
donner du courage.
Arrivés devant
le portail du lycée, Allan chercha Logan du regard et le trouva dans les bras
de Julia. Lorsque Logan regarda dans sa
direction, il détourna le regard et le planta dans celui de Mike.
-Bon, ben à
plus tard alors…
-Tu ne me
dis pas au revoir, demanda Allan, faussement boudeur.
Mike
s’approcha de lui et l’embrassa, introduisant sa langue dans sa bouche. Le cœur d’Allan battait. Pas parce qu’il ressentait quoi que ce soit
pour Mike, mais parce qu’il avait peur de la réaction de Logan. Il avait peur qu’il le quitte parce qu’il
l’avait trompé. Il venait aussi de
révéler son homosexualité à l’école entière et ça aussi, ça lui faisait peur.
Une fois le
baisé terminé, il vérifia si Logan l’avait bien vu et bien qu’’il ne le
regardait plus, il devina à son expression qu’il n’avait rien manqué de la
scène. Il regarda à nouveau Mike et lui
dit dans un sourire qui trahissait son mal aise :
-A bientôt
La journée
passa avec une lenteur anormale aux yeux d’Allan. Le regard des gens avait changé à son égard
et il se sentait de plus en plus mal. Les gens chuchotaient sur son passage, en lui lançant des coups d’œil
curieux et il regrettait déjà d’avoir révélé au grand jour son homosexualité. Il n’avait pas vu Logan de la journée, il
semblait être reparti, ou alors il avait séché les cours qu’ils avaient en
commun. Allan se dirigeait d’un pas lent
jusqu’aux vestiaires, car il s’apprêtait à avoir cours de sport et d’après les
regards qu’on lui jetait, il valait mieux qu’il se change avant tout le
monde. Il avait bien vingt minutes
d’avance.
Logan ne lui
jeta pas un regard de tous le cours. À
la fin du cours, Allan vit Logan se mettre à parler avec l’entraineur et il
alla se doucher d’un pas lourd. Il ferma
la porte de sa cabine de douche, ouvrit le robinet et se laissa aller contre le
mur carrelé et froid. Il se sentait
mal. L’eau coulait sur son visage et son
corps. Il l’avait perdu. En tant qu’amant et pire que tout, en tant
qu’ami.
Après être
resté un temps relativement long sous l’eau brulante, il sortit de la douche,
une serviette nouée autour de la taille. Il entreprit de s’habiller. Le vestiaire était vide. Lui-même se sentait vide. Il finissait de boutonner son pantalon quand
le bruit de la porte qui s’ouvre brutalement le fit sursauter. Il se retourna et vit Logan qui se tenait
dans son encadrement.
- Ah, t’est
encore là, dit-il.
Allan
n’aurait sut dire quel sentiment se cachait derrière ce ton de voix détaché et
calme. Son cœur se serra lorsque la
pensée que peut-être Logan se fichait bien qu’il ait couché ou même embrassé
Mike lui traversa l’esprit.
-Logan, faut
qu’on parle…
-J’ai rien à
te dire, t’as été très clair ce matin, tu t’es trouvé quelqu’un !
-Logan, je…
C’est ce que tu me fais avec Julia ! Je ne peux plus supporter ça…
-D’où tu
connais ce type ?
-Je l’ai
rencontré hier…
-Et tu l’as
ramené chez toi ? T’es qu’une pute !
-C’est ce
que tu fais toujours avec Julia, je ne vois pas pourquoi ça ne marcherait que
dans un sens !
-Ne compare
pas Julia à cette salope que t’as levé dans un bar !
-C’est
pareil, dans le fond.
Allan ne vit
pas le poing de Logan partir, mais il se le prit de plein fouet. Allan tomba assis sur le banc, derrière lui
et se releva avant de riposter d’un coup de poing dans le ventre. Logan se trouva projeté contre les casiers,
derrière lui et Allan en profita pour l’immobiliser, un avant bras en travers
de la gorge.
-Ne me
traite plus jamais de pute !
Mais Logan
avait toujours été plus fort, et il le jeta par terre avant de se mettre à
califourchon sur lui, en lui immobilisant les bras avec les genoux.
-Je te
traite de ce que je veux, dit-il en lui mettant un coup de poing dans la
mâchoire.
Allan se
débattit, mais il lui était impossible de se défaire de l’emprise de Logan, et
il finit par se calmer. Tous deux
reprenaient leur souffle. Allan
regardait Logan. Il se sentait si mal…
les larmes commençaient à monter.
-C’est elle
ou moi, articula-t-il. Pas les deux.
-Qui tu
crois que je vais choisir, après ça, hein ?
-C’était
pour te faire réagir, je me fichais de ce type.
-Tu baises
avec n’importe qui, petite pute.
Allan se
débâtit encore une fois, mais en vain.
-Ne dis pas
ça !
Logan
approcha son visage du sien, si près que la suer qu’il avait sur le visage
menaçait de couler sur celui d’Allan. Il
l’embrassa avidement, sans aucune tendresse.
-Baise avec
moi.
-Non
-Qu’est ce
que ce connard a de plus que moi ?
-Il est
célibataire, répondit Allan en se débattant une dernière fois avant de réussir
à se lever. Allan finit de se rhabiller
et sortit en claquant la porte du vestiaire.
Chapitre 7
La sonnerie
désagréable du réveil d’Allan le sortit de son sommeil, le lendemain
matin. Il l’éteignit péniblement et se
mit à contempler le ciel par sa fenêtre. Il n’avait aucune envie d’aller en cours. Premièrement parce qu’il n’avait pas envie de
supporter les regards des autres toute la journée, deuxièmement parce qu’il
n’avait pas envie de voir Logan et dernièrement parce qu’il arborait un
horrible coquart et qu’il avait mal à la mâchoire.
C’est alors
qu’il se souvint du test de français. Un
test qui comptait pour l’examen, et qu’il avait oublié de travailler la
veille. Il se leva en soupirant et
enfila son jeans qui trainait par terre, avant de choisir un T-shirt dans son
armoire. Il lui était bien égal de ne
pas avoir travaillé son test la veille, car il était assez bon en français et
il devrait réussir sans problèmes.
Une fois
arrivé à l’école, il sut qu’il ne s’était pas trompé. La nouvelle qui avait pu échapper à certains
élèves la veille avait fait le tour de l’école aujourd’hui. Tout le monde sans exception lui lançait des
regards noirs et Allan ne se sentait vraiment pas à son aise. Il prit place seul en classe, et ne fut pas
surpris de n’être rejoint par personne. Le peu de personne qui étaient déjà au courant devaient avoir peur
d’être mis dans le même panier que lui. Le seul qui aurait pu avoir le culot de se mettre avec lui était Logan,
et il ne comptait vraiment pas sur lui.
Une fille
qu’il ne connaissait que de vue et qui était arrivée en retard dut se résoudre
à se mettre à coté de lui, parce qu’il n’y avait plus de place nulle part
ailleurs dans la classe. Il savait
qu’elle s’appelait April, mais il ne lui avait jamais parlé. Elle était brune et avait les yeux verts et
elle restait souvent seule, à lire dans un coin reculé de la cour, pendant la
récréation. Il avait remarqué qu’elle
parlait à tout le monde et d’après ce qu’il avait pu comprendre, tout le monde
avait une opinion positive d’elle. Allan
en avait conclu qu’elle aimait simplement lire et s’isolait pour ne pas être
distraite.
La jeune
fille lui sourit en tirant la chaise pour s’asseoir. Il devait avouer qu’elle était plutôt jolie,
pour une fille. Peut-être un peu trop
maigre à son gout, mais jolie.
Allan
suivait distraitement le fil du cours, quand April chuchota :
-Alors c’est
vrai ?
-Quoi ça,
demanda-t-il, sans la regarder.
-Que tu es
gay… j’étais pas là hier matin, il parait que…
-Ecoute je
fais ce que je veux de ma vie sexuelle et…
-Hey ! Calmos !
Je m’en fiche, moi, que tu sois gay ! C’était juste une question !
J’en connais pas mal qui doivent être déçues !
Allan, qui
n’avait jamais pensé susciter le moindre émoi auprès de la gent féminine se
tourna vers elle, comme pour vérifier qu’elle ne se fichait pas de lui.
-Comment tu
t’es fait ça, demanda-t-elle, c’est à cause de ton coming-out ?
-Pas
vraiment…
-de quoi
alors ?
-Mon ex est
plutôt jaloux on dirait, dit-il en ricanant. C’est un comble d’ailleurs.
-Il est ici
à l’école ? S’étonna-t-elle
-Euh…
-Allez,
balance qui c’est !
-Non, je ne
crois pas qu’il en ait envie…
-Comme tu
voudras, dit-elle, avant de reporter son attention au cours.
Le test
s’avéra plus difficile qu’Allan ne l’avait prévu, mais il pensa qu’il devait
s’en être sortit, quand il partit s’acheter un sandwich.
Il contempla
un instant la cafeteria surpeuplée et décida d’aller manger dehors. Il faisait beau et il s’assit à l’ombre d’un
chêne, avant d’entamer son sandwich.
-Tiens, tu
es là !... Bon appétit, dit April en s’assaillant à coté de lui, avant de
sortir son livre de son sac.
-Tu ne
manges pas ?
-Non, pas
faim.
-t’es
sûre ? Tu veux pas un bout de mon
sandwich ?
-Non merci,
c’est gentil.
April se mit
à lire, et Allan se remit à manger en silence. Sa présence lui faisait du bien, même s’ils ne parlaient pas. C’est horrible de se sentir si subitement
rejeté et évité par tout le monde. Allan
regretta alors la fois ou il s’était moqué du petit Jimmy Bootles, qui
bégayait.
-Tu lis
quoi ?
-« ensemble
c’est tout » d’Anna Gavalda.
-C’est
bien ?
-Génial,
c’est la deuxième fois que je le lis. Si
tu veux je te le prête !
-Oh tu sais,
moi je n’aime pas lire…
-Je t’assure
que tu l’aimerais celui-ci, c’est mon préféré.
-Ok, alors prête
le moi quand tu auras fini…
-D’accord,
dit elle en lui souriant.
Allan aperçut
Logan plus loin, qui lui jeta un regard mauvais, et il se renfrogna. Il se leva d’un bond.
-Ou tu
vas ?
-Je rentre
chez moi, j’en ai marre !
-Marre de
quoi, demanda April en se mettant à sa hauteur.
-Du regard
des gens.
-Ah…
dit-elle en se rasseillant.
-Quoi ?
-Je croyais
que t’étais différent, que tu t’en fichais…
-Comment
ça ?
-Eh bien,
que tu te fichais de ce que les autres pensaient.
Allan se
rassit à son tour, il ne répondit pas.
-Hey je ne
te force pas à rester hein !
-non, mais
t’as raison, je me fiche du regard des autres, c’est juste le sien… Mais il ne doit pas m’empêcher de suivre les
cours, non ?
-qui ça, ton
amoureux ?
-Ex, ouais…
-Non, ça ne
devrait pas. Tu l’aimes encore,
non ?
Allan se
tut. Il n’avait pas pour habitude de se
confier, et cette fille si clairvoyante le troublait.
-Bien sûr,
que tu l’aimes encore…
A la grande
surprise d’Allan, April s’approcha de lui et le serra dans ses bras. Allan s’y sentit bien. Son parfum était agréable et son corps pressé
contre le sien lui donnait une agréable sensation, comme si c’était sa mère qui
l’étreignait. Les larmes lui montèrent
aux yeux quand il pensa à ses propres parents.
-Merci, dit
il en s’éloignant d’elle et en séchant ses larmes le plus discrètement
possible.
-y’a pas de
quoi, dit elle en souriant.
Allan
s’était assit au fond de la classe pour le cours d’anglais. Logan s’assit à l’opposé et il soupira. À son grand étonnement, April prit place à
coté de lui, alors que d’autres places étaient encore libres.
-Pourquoi tu
te mets là ?
-Je t’aime
bien.
L’incompréhension
dut se lire sur son visage, car elle crut bon de rajouter :
-Toi au
moins, tu ne parles pas pour ne rien dire.
Le
professeur d’anglais leur donna un travail à réaliser par groupes de deux, et
Allan fut heureux de se mettre avec April. Il se demanda pourquoi il n’avait jamais eu d’amies filles auparavant.
-Chez moi
c’est difficile de travailler, commença-t-elle, mon petit frère fait toujours
plein de bruit.
-T’inquiète
pas pour ça, chez moi ça sera parfait. J’habite pas très loin d’ici en plus.
-Ok !
Maintenant
qu’il avait une alliée, Allan trouvait le regard des autres beaucoup moins
insurmontable, et il évitait tout simplement de regarder Logan.
Arrivé chez
lui, après les cours, il réfléchit un instant. S’il voulait revoir Mike, il fallait lui envoyer un message, sinon ce
serait foutu. Il savait que comme il
était plus vieux de sept ans, il penserait qu’il n’avait été qu’une passade
d’un soir et qu’il ne lui téléphonerait pas. Allan réfléchit. Mike était très
mignon, et Logan avait rompu avec lui, il n’avait donc aucune raison de se
priver. Il décida donc de lui envoyer un
sms. « Hello, Mike ! ps
de news de toi, j’espR que tu vas b1… G bcp penC à toi depuis l’autre
jour… Bisous » il relut son message avant de l’envoyer. C’était très bien, pensa-t-il. Il reçu une réponse très vite :
« ca va, jv1 de finir le boulot… moi aussi g bcp penC à toi… tu vx qu’on se revoie ? ». Allan sourit, et répondit
aussitôt : « oui, si tu vx, tu px passer chz moi mnt » et
il reçut un « ok j’arrive » comme simple réponse. Allan mit un peu d’ordre dans son appartement
et il avait à peine fini de se recoiffer quand il entendit sonner à la porte.
-Salut dit
il en ouvrant la porte à Mike.
-Qu’est ce
que tu t’es fait à l’œil ? demanda ce dernier, immédiatement.
-Oh… euh mon
ex a pas trop apprécié de voir que je l’avais remplacé, dit il en lui prenant
sa veste, avant de l’accrocher au porte manteau.
-il t’a
salement amoché, répondit Mike.
-Je ne te
plais plus alors ?
-Si bien sûr !
-t’as déjà
mangé ?
-non… si tu
veux on commande chinois, je t’invite…
-Dis ça va,
on est chez moi, c’est moi qui invite !
-Pardon, je
pensais que comme tu vivais seul, t’avais un budget limité…
-ah ça… je
ne mangerais pas à la fin du mois, mais c’est rien… je suis habitué !
-Je rigole !
ajouta-t-il devant l’air horrifié de Mike.
Ils
mangèrent chinois sur la table basse. Mike qui regardait autour de lui demanda :
-ils sont
où, tes parents ?
-ils sont
souvent en voyage d’affaire, alors ils m’ont acheté cet appart, comme ça je
suis tranquille, mentit Allan
-Ah… et tu
ne te sens pas trop seul ?
-Non, c’est
une question d’habitude. Pourquoi, tu ne
vis pas seul toi ?
-Hein ?
Si, pourquoi ?
-ben tu me
demandes si je ne me sens pas trop seul…
-Ah oui mais
je pensais qu’a ton âge on n’aimait pas être seul…
Vers la fin du repas, Allan, qui avait très
envie de Mike se colla à lui, dans le canapé.
-Tu as un
peu de sauce sur la commissure de tes lèvres, remarqua Mike.
-Enlève là
alors !
Mike
s’approcha de lui et Allan le tira vers lui en basculant en arrière sur le
canapé. Il sentait son odeur, si
différente de celle de Logan, et ne put s’empêcher de soupirer. Il ne la sentirait plus jamais cette odeur
là. Mike se mit à l’embrasser à pleine
bouche, et Allan passa ses mains sous son T-shirt. Il sentait ses muscles sous ses doigts. Mike était très excitant, même s’il ne
l’aimait pas, il le trouvait désirable à souhaits. Ils s’effeuillèrent avec lenteur, et Mike,
qui était visiblement très excité lui aussi se mit à frotter son anus contre le
sexe durci d’Allan. Allan, n’y tenant
plus, émit un mouvement du bassin qui fit entrer son sexe dans la cavité
offerte de son amant, qui émit un cri de surprise et de douleur.
-Pardon…
-C’est rien,
continue, ça va passer…
-Tu veux
dormir ici ? Demanda Allan à son amant qui ramassait ses vêtements après
qu’ils eurent joui.
Mike regarda
sa montre. Il était relativement tard.
-Ok.
Allan lui prêta
un pyjama et ils se mirent au lit, chacun de son coté. Allan était sur le point de sombrer dans le
sommeil lorsque la voix de Mike s’éleva dans l’obscurité.
-Je suis
quoi pour toi ?
Allan se
retourna vers lui. C’était une simple
question, il le savait, et Mike ne se formaliserait pas, quelle que soit la
réponse.
-Eh bien…
euh… tu es très sexy, tu m’attires beaucoup, mais je ne suis pas amoureux de
toi, si c’est ce que tu veux savoir.
-Ah !
Mike
semblait presque soulagé.
-Je sais
qu’a ton âge on se laisse vite emporter par les sentiments, alors j’ai eu un
peu peur quand tu m’as demandé de rester dormir…
-T’inquiète
pas.
Le silence
s’abattit sur eux quelques secondes, puis Mike reprit :
-On va
remettre ça ?
-Autant que
tu veux. On n’a qu’a dire qu’on est un
couple libre… on se voit, on sort, on couche ensembles, mais si t’en as envie
tu peux coucher avec d’autres gars, ça m’est égal…
Mike émit un
petit rire, qui ressemblait presque à un soupir.
-Ca me va,
c’est parfait, dit-il avant de se tourner à nouveau vers son coté.
C’était
parfait. Ou plutôt c’était parfaitement
ce qu’il fallait à Allan. Il était
content d’avoir trouvé quelqu’un qui veuille bien faire comme il le voulait.
Chapitre 8
Le
lendemain, Allan rejoignit directement April. Elle était assise seule sous l’arbre ou il avait mangé la veille. Ça devait être son endroit favori. Il s’assit à coté d’elle et se mit à lui
parler joyeusement, sans faire attention aux regards noirs que les élèves lui
jetaient en passant. Ca faisait du bien
d’avoir quelqu’un à qui parler. Allan n’avait
jamais été le mec le plus populaire de sa classe, et il était loin d’être un
leader, mais il avait des amis, des connaissances avec qui il parlait, du
moins, c’est ce qu’il pensait.
Mike était
partit tôt le matin, en l’embrassant chastement sur la bouche, croyant qu’il
dormait encore.
-Et toi, lui
demanda-t-il après s’être allumé une cigarette, tu as quelqu’un dans ta
vie ? Parce que bon tu connais une
partie de ma vie sentimentale, mais moi je ne sais rien de la tienne !
- Non, je
n’ai personne…
-Ah bon,
s’étonna-t-il. T’es très belle
pourtant. T’aime les mecs ou les filles ?
Elle sourit.
-C’est bien
une question d’homo ça ! Les mecs…
-C’est
bizarre que tu sois seule…
April rit
d’un rire franc.
-Non, c’est
normal, qui voudrait d’une fille qui passe tout son temps libre à
bouquiner ?
-Un mec
cultivé !
-Eh bien
apparemment il n’y en a pas dans cette école !
-Hey !
-Je parle
des hétéros, bien sûr !
-Bien
rattrapée !
Bien qu’il
ne la connaisse que depuis peu, Allan aimait beaucoup April. Elle était belle et intelligente, s’il avait
été hétéro, il aurait surement tenté sa chance avec elle. Elle avait aussi autre chose qui la rendait
unique à ses yeux : c’était la seule personne qui lui parlait encore,
alors qu’il ne la connaissait pratiquement pas à la base.
-Il faudrait
qu’on commence à travailler, dit-elle
-Oui… tu
peux venir chez moi après les cours, on sera tranquilles.
-C’est une
ruse pour m’attirer dans ta chambre ? Plaisanta-t-elle
-Merde, tu
m’as démasqué !
Allan
aperçut Logan un peu plus loin, avec Pierre et Julien, qui parlaient avec
animation. Logan ne semblait pas
écouter, il le regardait, le visage vide de toute expression. Allan expira une grande bouffée de fumée, par
pure provocation, car il savait que Logan n’aimait pas le voir fumer.
Allan
s’adossa contre le mur de l’enceinte du collège. Il attendait April. Il s’alluma une nouvelle cigarette, en
protégeant la flamme de son briquet du vent avec ses mains. Si sa consommation avait un peu baissé depuis
qu’il était avec Logan, elle avait repris de plus belle depuis ces derniers
jours. April sortit enfin et il
l’attrapa par le poignet.
-Ah, tu es
là, dit elle. Je croyais que tu m’avais
oubliée !
-Comment
j’aurais pu t’oublier ? dit-il en arborant un sourire charmeur.
-Sérieusement,
si tu n’étais pas gay, je croirais que tu me dragues !
Allan
rit. Comme cela faisait du bien de rire…
Arrivé
devant sa porte, il sortit la petite clef ronde de sa poche et l’ouvrit.
-Je vous en
prie, Mademoiselle.
April entra,
et se dirigea directement vers le salon.
-Mais… Tu
vis seul, dit-elle après un moment.
-effectivement. A quoi tu l’as deviné ?
-Eh bien
déjà à la taille de l’appartement, et ensuite, il n’y avait que deux portes
dans le couloir. Ta chambre et ta salle
de bain.
-Tu veux
quelque chose à boire ?
-Oui, la
même chose que toi… Tu… Tu n’as pas de parents ?
-Euh, répondit
Allan, gêné, en revenant avec deux verres de coca, si… Mais on va dire qu’ils
ont mal digéré le fait que je sois homo…
-Ils savent
depuis longtemps ?
-Deux ans.
-Je
t’admire, tu sais… Faire face à tout
cela, ça ne doit pas être facile.
-Non, c’est vrai.
-il t’a
reparlé ?
-Qui
ça ?
-Logan.
-Pourquoi
ça ?
-Ben je ne
sais pas, c’était ton meilleur ami non ?
-euh ouais
-C’est ton
ex aussi, non ?
Allan avala
de travers, ce qui eut pour effet de le faire tousser bruyamment pendant plus
d’une minute.
-Comment tu
le sais, réussit-il à articuler, une fois calmé.
-Oh j’ai
bien vu comment tu l’as regardé ce matin. Et comment lui te regardait. Tu
l’aimes et t’as voulu le rendre jaloux, et au lieu de laisser tomber Julia
comme tu l’aurais voulu, il t’a largué, ce qui t’a valu ce cocard.
Allan
plongea son regard dans les yeux jade d’April.
-Oui,
souffla-t-il.
-Si tu as
besoin d’en parler…
-Je… Je
crois que je l’ai toujours aimé… Je
rêvais de lui, c’est comme ça que j’ai découvert qui j’étais. Quand il est venu vers moi, j’ai cru que
c’était encore un rêve, mais non. Si ça
en avait été un, il aurait laissé tomber Julia et il se serait affiché avec
moi… Je lui ai demandé de choisir, mais
il n’a pas voulu, alors j’ai voulu lui montrer ce qu’on ressentait, et il m’a
laissé tomber, dit Allan avec une pointe de tristesse dans la voix.
-Je ne sais
pas s’il t’aime, mais ce qui est sur, c’est que tu lui manques, il n’arrête pas
de te regarder, que ce soit en cours ou à la récré…
Un petit
silence gêné s’installa. April regarda
méticuleusement la décoration de la pièce et sourit.
-J’adore ta
déco en tout cas…
-Bon… On se
met au travail ?
Ils
planchèrent pendant deux bonnes heures sur la pièce de Shakespeare qu’ils
devaient analyser, quand on sonna à la porte. Etonné, Allan se leva pour aller ouvrir.
-Surprise,
dit Mike, en brandissant deux cartons de pizza d’où s’élevait une bonne
odeur. J’ai vu que ton frigo était vide
ce matin, alors j’ai pensé que ça te ferai plaisir, dit il devant la mine
dépitée d’Allan.
Allan sourit.
-C’est vrai,
t’as raison, mon frigo est vide, je devais faire les courses hier
normalement. Entre.
-Ah je
dérange, peut-être ? Dit Mike en apercevant April.
-Oh non,
répondit celle-ci. Je crois qu’on a
assez travaillé pour aujourd’hui, je vais vous laisser.
-Mais non,
reste, quand il y en a pour deux, il y en a pour trois, répondit Allan.
-Oh mais
j’ai pas très faim…
- Comment
peux-tu ne pas avoir faim, tu n’as de nouveau rien mangé à midi, et moi qui ai
mangé, je suis a-ffa-mé !
-Bon… Si
t’insistes, dit elle en ramassant ses affaires sur la table.
Le repas se
passa on ne peut mieux. Allan était
content de constater que Mike et April s’entendaient à merveille. Mike, qui était photojournaliste, exerçait
précisément le métier qu’April ambitionnait et il leur raconta des anecdotes
sur son travail, des voyages qu’il avait faits et des histoires toutes plus
passionnantes les unes que les autres. Ses yeux brillaient lorsqu’il parlait, ce qui le rendait bien plus sexy
aux yeux d’Allan, qui se disait qu’en plus d’être canon, il était
intelligent. Il s’aperçut alors vraiment
de la différence d’âge qu’il y avait entre eux, car le nombre de voyages que
Mike avait déjà fait lui avaient permis de rencontrer un grand nombre de
cultures, et Allan s’aperçût combien il était cultivé et ouvert d’esprit.
-April il
est tard, tu veux que je te raccompagne chez toi en voiture ?
-Ah ça
serait gentil !
Allan prit
place au volant, Mike à sa droite et April derrière lui. April n’habitait vraiment pas loin de chez
lui, mais son éducation lui interdisait de laisser une fille seule retourner
chez elle, et il attendit qu’elle ait refermé la porte de chez elle pour
remettre le contact.
-Tu es venu
comment jusque chez moi ?
-En taxi,
j’ai pas de voiture, juste une moto, ce n’était pas pratique pour les pizzas.
-Tu veux que
je te raccompagne chez toi, ou tu veux venir passer la nuit chez moi ?
Mike lui fit
un sourire qui en dit long, et Allan lui répondit par un même sourire. S’ils n’avaient pas eu cette conversation la
veille, Allan aurait cru qu’ils étaient un vrai couple.
Une fois
rentrés, Allan entraina Mike directement dans la chambre et le poussa sur le
lit. Il était bien content qu’il ait
accepté de rester « dormir » car il avait eu une envie folle de lui
sauter dessus toute la soirée. Lentement, Allan passa ses mains sur son torse, par dessus son T-shirt,
puis il les glissa dessous, les remontant lentement, remontant par la même
occasion le tissu qui cachait ce torse musclé à la vue de son amant. Il finit par l’enlever et continua à se
caresser sensuellement le torse, ne lâchant pas Mike du regard, qui s’était mis
à mordre sa lèvre inférieure sous l’excitation. Allan défit la boucle de sa ceinture et ne put résister plus longtemps
aux lèvres tentatrices de son amant. Il
se coucha sur lui et se mit à l’embrasser, tout en le caressant. Mike lui retira son pantalon, et son boxer
par la même occasion et il se retrouva nu sur lui, dévoilant son érection. Allan déshabilla Mike avec fièvre et colla
son érection à la sienne. Il se mit à
lui chuchoter des insanités à l’oreille, tout en la lui léchant, puis il
descendit le long de son cou, embrassa ses pectoraux en s’attardant sur ses
tétons. Il sourit en se rendant compte
que Mike se retenait de gémir. Il se mit
ensuite à lécher son nombril, à y faire entrer sa langue, puis il embrassa son
ventre le long de la fine ligne de poils qui partait de son nombril jusqu'à son
sexe. Il l’embrassa autour de son sexe
et puis se mit à lécher ses testicules. Mike, qui avait réussi à rester plus ou moins silencieux ne put retenir
un gémissement bruyant. Après avoir
léché et gobé ses testicules, Allan se mit à lécher son gland, à l’embrasser
lui aussi. Avec un sourire, il lécha son
sexe depuis la base et l’avala entièrement. Mike gémissait au rythme de ses vas et viens maintenant, et Allan était
satisfait de savoir lui arracher ces gémissements de plaisir. Après un moment, Mike passa sa main dans ses
cheveux, les agrippa et les tira légèrement.
-Allan, je…
Ca vient…
Allan
redoubla d’effort et il recueillit le fruit de son travail dans sa bouche. Il remonta jusqu’au visage de Mike et se mit
à l’embrasser goulument pour lui faire gouter le reste de sperme qu’il avait
encore dans sa bouche. Mike se mit à
toucher son sexe et Allan lui mordit la lèvre. Aujourd’hui, c’était lui qui commandait. Il s’approcha de l’anus de son partenaire et se mit à le lécher, et
ensuite de le toucher avec les doigts, sans pour autant les entrer dedans. Il voulait le faire languir, et sa marchait,
après quelques minutes de ce manège, Mike s’empala lui-même sur les doigts de
son amant. Allan le regarda, mais Mike
avait les yeux fermés, et sur son visage s’affichait une expression de
béatitude. Il se mit à faire des vas et
viens dans son anus avec les doigts, et le jugeant assez préparés, il les
retira et les remplaça par son propre sexe. Un sentiment de bien-être l’envahit. Qu’il était bon de se retrouver là, dans cette étroite et chaude
cavité. Mike s’était un peu crispé et
Allan commença de lents et doux vas et viens, pour ne pas le brusquer. Son sexe allait et venait dans la cavité de
Mike, dans un concert de soupirs, de gémissements et le son haletant de leur
souffle. Allan se déversa en Mike, un
peu avant lui, avant de s’affaler contre lui.
Le lendemain,
comme la veille, Mike était partit très tôt. Allan ne s’était pas réveillé cette fois. Une fois arrivé à l’école, April l’assaillit
de questions :
-Dis moi un
peu, c’est qui ce canon atomique que j’ai vu hier ?
-C’est Mike.
-Oui, je
sais comment il s’appelle, je te demande qui c’est !
-C’est lui
qui m’a embrassé devant tout le monde.
-AAAHH,
c’est ton copain ?
-euh… on
peut dire ça…
-Comment
ça ?
-Eh bien je
pensais simplement rendre Logan jaloux, j’avais pas projeté de le revoir… et puis finalement, je l’ai rappelé et on a
fini par se mettre d’accord.
-C'est-à-dire ?
-On est un
couple libre, dit Allan en rigolant. En
gros on se comporte comme un couple, sauf qu’on peut aussi voir d’autres
personnes.
-Sexfriends
quoi…
-Ouais on
peut dire ça, dit Allan en fermant les yeux et en mettant son visage face au
soleil pour profiter de la chaleur qu’il dégageait.
-Et
Logan ?
Allan se
crispa, la chaleur du soleil n’était plus si agréable tout à coup.
-Quoi
Logan ? Dit-il sans pour autant ouvrir les yeux.
-Tu ne vas
plus rien tenter ?
-Non, il
faut que je l’oublie.
-Mais tu
l’aimes, non ?
-…
-Tu as
raison, dit-elle en lui embrassant la joue, il faut que tu l’oublie, ce n’est
qu’un idiot.
Un sourire triste se dessina sur les lèvres d’Allan. Il fallait qu’il l’oublie, oui, mais c’était si difficile d’oublier la personne qu’on aime…
Chapitre 9
Allan
travailla sérieusement tout le weekend. Il fut surpris de ne recevoir aucune nouvelles de Mike, mais ne lui en
envoya aucune, après tout, ils n’étaient pas vraiment un couple, peut-être ne
s’attendait-il pas à ce qu’il lui donne des nouvelles.
Il attendait
April au coin de sa rue en fumant une cigarette.
-Ah t’es là
ma biscotte ! dit joyeusement April en le voyant. Comment s’est passé ton weekend ?
demanda-t-elle
-Oh… euh…
Tranquille.
-Tranquille
hein ? dit-elle en bougeant frénétiquement ses sourcils.
-Oui,
tranquille, petite perverse. Je ne l’ai
pas vu.
-oh…
pourquoi ?
-Parce qu’il
ne m’a pas donné de nouvelles, dit il en jetant son mégot par terre.
-… c’est
étonnant ça…
-Pas tant
que ça…
-Comment
ça ?
-On n’est
pas vraiment un couple, tu l’as dit toi-même.
-mouais…
quand même… même pas un petit sms ?
-même pas
ça…
La journée
de cours se déroula normalement. Allan
s’était habitué aux regards outrés, et il n’y prêtait plus attention. Sur le chemin du retour, Allan qui n’avait
pas envie de se retrouver seul proposa à April d’aller boire un verre, ce
qu’elle accepta.
-Ca ne te dérange
pas si on va dans un bar gay ?
-Non, quelle
importance… Tu te remets en chasse ?
-On n’a qu’à
dire ça…
Allan et
April s’assirent au bar et commandèrent une bière chacun. Allan apprit qu’elle avait un frère qui était
décédé trois ans au paravent et ils riaient aux éclats quand il croisa le
regard de quelqu’un qu’il connaissait bien. Son sourire se figea lorsque ses yeux se posèrent sur les yeux noisette
encadrés de cheveux châtains de Mike. Mike était là. Et il n’était pas
seul. Un grand blond bien bâtis lui
touchait la main. Allan reporta son
attention sur April et tenta au mieux de cacher son trouble, mais il ne devait
pas être bon pour cela, car elle se retourna discrètement avant de lâcher un
« oh » de surprise.
-ça
va ? demanda-t-elle.
-Oui,
répondit Allan, contrarié.
-C’était ce
que vous aviez convenu.
-Je
sais ! Je n’ai rien dit !
-Non, mais
tu verrais ta tête…
-Il
approche, raconte un truc !
-… et donc
j’ai dit à Jenny qu’elle n’aurait jamais du lui faire confiance, que c’était
qu’un crétin…
-Salut, je
vous dérange pas ?
-Oh, Mike,
dit-elle en se retournant, faussement surprise.
Mike ne lâchait
pas Allan des yeux.
-Comment ça
va ?
-Ca va… Tu
es venu accompagné, à ce que je vois.
-Euh oui…
c’est euh William…
-Tu devrais
y retourner, il a l’air de s’ennuyer sans toi.
-Bon… Je
t’appellerai ce soir.
Allan le
regarda s’éloigner. Il murmura quelque
chose à l’oreille de « William » et ils s’en allèrent tous les deux.
-Je ne suis
qu’un crétin…
April mit sa
main dans son dos et le frotta, comme pour le rassurer.
-Pourquoi tu
dis ça ?
-Je laisse
tomber Logan parce qu’il ne veut pas quitter Julia pour me mettre avec un gars
qui ne fait que coucher à gauche et à droite…
April
sourit.
-Je croyais
que tu ne l’aimais pas, que tu le trouvais juste attirant….
-Ouais, dit
il en finissant son verre, mais je crois que je ne suis pas partageur.
Allan reçut
un sms de Mike ce soir là, qui lui demandait s’il boudait et s’il était
d’humeur à sortir. Allan accepta. Sortir, voir du monde, c’était tout ce dont
il avait besoin, avec ou sans Mike. Il
but abondamment durant la soirée et dansa, même avec des filles. Il était tard quand Mike se colla à lui et
lui murmura sensuellement à l’oreille qu’il avait envie de rentrer, et Allan,
qui ne savait de toute façon plus vraiment ce qu’il faisait accepta.
-Merde…
dit-il, une fois arrivés devant sa porte.
-Quoi ?
- Je… je ne
retrouve pas mes clés, dit il en gloussant.
-Cherche
bien, répondit Mike en introduisant ses mains dans ses poches.
-Oh petit
coquin !
-Mais non,
qu’est ce que tu crois !
Allan
gloussait et Mike leva les yeux au ciel.
-Bon, on n’a
plus qu’à aller chez moi alors…
-D’accord,
répondit-il en se pendant à son bras.
-Je te
préviens, c’est pas la porte à coté, à pied.
-C’est pas
grave, on est à deux, le temps passera plus vite !
Allan se
réveilla le lendemain matin, dans un lit qui n’était pas le sien, et seul. Il n’avait aucune idée de la manière dont il
s’était retrouvé là et il espérait sincèrement qu’il était chez Mike. Il se leva et s’aperçût qu’il était vêtu d’un
simple boxer. Il sortit de la chambre et
vit quelques photos accrochées aux murs du couloir qui menait au salon. Des photos représentant Mike et le gars qu’il
avait vu avec lui au bar, l’autre fois.
Allan se
rendit dans la cuisine et s’assit sur la chaise en face de Mike.
-Pourquoi on
n’est pas chez moi ?
-T’as perdu
tes clefs.
-Tu vis avec
quelqu’un, non ?
-Allan, je…
je suis marié, en fait. Avec
William. Mais il voyage beaucoup, et moi
j’ai des besoins, c’est pour ça que je t’ai demandé si ça ne te dérangeait pas
d’être un couple libre. En fait c’est un
amant que je voulais. Je ne couche
qu’avec toi ou William.
-Mhh…
t’aurais pu me le dire…
-Ca change
beaucoup de choses pour toi ?
-oh je sais
pas. Y’a une différence entre être un
couple libre et se faire des one shot et de tromper ton mari avec moi, je
trouve…
-Tu m’en
veux ?
-Je… Je sais
pas…
-Tu sais, je
t’aime beaucoup, ça m’ennuierait que tu sois fâché… si tu veux on peut en
rester là sexuellement parlant, mais j’aimerais qu’on reste amis tout de même…
-Mike… Je
dois réfléchir. Je vais y aller…
-Comme tu
veux…
Allan
retourna chez lui. Ses clefs étaient
dans la poche avant de sa veste, il ne les avait pas perdues… Il irait aux
cours de l’après midi, il avait déjà
raté une bonne partie de ceux de la matinée.
Allan
s’alluma une cigarette tout en réfléchissant. Est-ce que cela le dérangeait vraiment que
Mike soit marié ? Il passait le
plus clair de son temps libre avec lui, ça n’était pas comme avec Logan… mais encore une fois, il n’était que
l’amant… le second choix. Pouvait-on le choisir en premier, lui ?
Allan écrasa
sa cigarette et prit une douche avant de partir pour les cours. Il s’assit à coté d’April, au cours
d’anglais, et elle ne tarda pas de lui demander pourquoi il n’était pas venu
dans la matinée.
-Je suis
sorti avec Mike hier soir et je me suis réveillé chez lui ce matin.
-Ah bon,
t’es encore sorti après ?
-Oui… figure
toi que le gars qu’on a vu, William, dit il en prononçant le prénom d’une manière désagréable, c’était plus qu’un coup d’un soir… en fait,
Mike et lui sont mariés.
-Quoi ?
Et il t’a emmené chez lui ? Il te l’a présenté ?
-Non, il
n’était pas là. Il voyage beaucoup,
c’est pour ça que Mike veut bien sortir avec moi depuis le départ. En fait je ne suis que son amant…
-Oh…
-Vous deux,
là bas, ça vous dérangerait d’écouter un peu mon cours ?
Allan et
April se turent pendant le reste du cours d’anglais, et Allan se rendit au
cours de sport des garçons. Le
professeur les divisa en deux équipes et ils se livrèrent un match de basket
sans répit. Allan était dans l’équipe
adverse de Logan, qui était très sportif, et qui ne perdait pas une occasion de
lui prendre le ballon. Allan était très
fatigué lorsqu’il se rendirent aux vestiaires, et il n’avait qu’une envie,
rentrer chez lui. Il avait trainé, comme
d’habitude, pour ne pas gêner les autres. Le vestiaire était pratiquement désert. Il s’abaissa pour prendre ses affaires de
douche dans son sac de sport, et en se relevant, il vit, sans le vouloir, les
parties intimes de Bryan entre l’ouverture de sa serviette qu’il avait mal nouée
autour de sa taille, après s’être douché. Bryan était un garçon peu commode, qui lui avait déjà donné de nombreux
coups dans les côtes pendant le match de basket, et malheureusement pour lui,
il s’était aperçût qu’il avait vu son sexe.
-ça va pas,
espèce de fiotte ? dit ce dernier
en enfilant rapidement son short qui trainait sur le banc. Tu oses regarder ma bite ? demanda-t-il en lui assénant un poing dans le
ventre qui fit tomber Allan par terre, le souffle coupé.
-Tu oses te
rincer l’œil sur moi ? dit-il en le
frappant cette fois ci au visage. Je
vais t’apprendre, moi, à violer l’intimité des autres. Tu vas voir ce que c’est de se faire violer
dans son intimité, dit-il en attrapant un déodorant en spray qui trainait plus loin. Bryan lui donna un grand coup de pied
dans les côtes, avant de se baisser et
d’entreprendre de défaire le nœud du jogging que portant Allan.
Allan se débattait
et essayait de reculer du mieux qu’il pouvait, les larmes aux yeux, mais Bryan
le maintenait fermement immobilisé au sol.
-Non, non,
s’il te plait… J’ai pas fait exprès, je te le jure ! Bryan, laisse-moi tranquille !
-Moi non plus,
je ne fais pas exprès, dit-il en enfonçant la bouteille de déodorant dans
l’anus d’Allan sans délicatesse aucune. Allan ressentit une violente douleur et se mit à hurler. À hurler son désespoir, à hurler au
secours. C’est à ce moment là que la
porte du vestiaire s’ouvrit violement sur Logan. Il ne sembla pas réfléchir et tira de toutes
ses forces Bryan en arrière, avant de lui donner plusieurs coups de poing.
-Dégage,
hurla-t-il avec force. DEGAGE !
Bryan partit
en courant et Logan s’approcha d’Allan qui pleurait sur le sol, recroquevillé
sur lui-même.
-Allan… dit
il en lui caressant les cheveux. Allan,
je… je suis désolé… il le prit dans ses
bras. C’est ma faute, dit il en séchant
une larme qui perlait au coin de ses yeux. J’aurais jamais du te laisser tomber… Pardonne-moi, Allan. Pardonne-moi…
Aucun son ne
sortit de la bouche d’Allan et Logan se leva, en le tirant vers lui.
-Viens, on
va se laver.
Allan ne dit
rien, il se laissa conduire jusqu’aux douches. Il écouta Logan, qui lui disait combien il regrettait, combien il avait
regretté depuis le départ de ne pas l’avoir choisi lui plutôt que Julia. L’eau se mit à couler le long de son corps,
et Allan comprit que Logan avait ouvert le robinet d’eau chaude. Ils étaient encore habillés, sous la douche,
et Logan l’enserra par la taille par derrière.
- Me
pardonneras-tu un jour ?
Allan ne
répondit rien. Il ne lui en voulait pas,
mais il ne pouvait pas parler. Il était
en état de choc, mais il savait que ce n’était pas sa faute. C’était à cause de lui que tout le monde
connaissait son orientation sexuelle, mais il l’aurait dite tôt ou tard. Et personne ne pouvait deviner que ce genre
de choses pouvait arriver.
Logan retira
ses vêtements, et il lui fit face, offrant son corps complètement nu à la vue
d’Allan.
-Je… Je peux
te déshabiller ?
Allan ne
répondit rien, et Logan commença par lui retirer son T-shirt. En voyant qu’il ne réagissait pas à
cela, il lui retira le reste de ses
vêtements et pris du gel douche dans sa main. Il se plaça derrière lui et passa sa main sur le dos d’Allan et
entreprit de le laver. Il tremblait
légèrement lorsqu’il arriva au sexe d’Allan, qui n’avait aucune réaction. Logan s’arrêta avant de toucher le sexe
d’Allan. Logan ne bougeait plus, et
Allan se retourna vers lui, intrigué. Il
remarqua alors l’origine de son trouble. L’excitation l’avait envahi et son sexe se dressait fièrement.
-Je suis
désolé, Allan. Tu me fais toujours
autant d’effet…
Allan sourit
tristement. Il s’empara de sa bouche et
embrassa Logan avec tout l’amour qu’il avait pour lui, avant de prendre son
sexe en main et d’entreprendre des vas et viens pour soulager son amour retrouvé. Logan éjacula dans un râle après quelques
minutes, et il prit Allan dans ses bras. Ils restèrent comme ça, dans les bras l’un de l’autre, sous l’eau
brûlante de la douche. Allan se sentait
protégé et Logan se sentait pardonné.
Ils
sortirent de la douche, et Allan s’habilla en silence. Il n’avait plus prononcé un seul mot, et
Logan comprenait son souhait de ne pas parler. Il ramassa leurs affaires, fit son sac, ainsi que celui d’Allan, qui
était assit et ne bougeait pas. Il mit
les deux sacs sur son épaule gauche et tendit sa main droite à Allan, qui la
saisit.
-Suis-moi,
je suis venu en voiture aujourd’hui.
Logan jeta
les deux sacs dans le coffre et s’assit à la place du conducteur. Allan était assit à la place du mort. Il avait ouvert la fenêtre et s’était allumé
une cigarette. Logan l’observa quelques
secondes avant de lui dire :
-Allan… il…
il faudrait aller à l’hôpital.
Allan le
regarda alors, et Logan comprit à la vue de son regard qu’il n’en avait aucune
envie.
-Allan… Tu dois porter plainte contre lui. Je témoignerais. Mais il faut que tu ailles à l’hôpital, que
quelqu’un d’autre constate qu’on t’a violé.
-Non. Je ne veux ni porter plainte, ni aller à
l’hôpital.
-Allan… Tu
ne peux pas laisser ce salaud en toute liberté comme ça !
-Logan,
ramène moi chez moi, j’ai pas envie de parler de ça, je veux juste oublier,
dit-il en recrachant la fumée de sa cigarette.
-Je suis
désolé, mais je ne peux pas faire comme si rien ne s’était passé. Si tu ne vas pas porter plainte, je le ferai
pour toi.
-Dis pas de
conneries.
-Allan… il
pourrait recommencer. Et qui sait ce
qu’il t’aurait encore fait si j’étais pas arrivé ? Il t’aurait peut-être tué, qui sait, dit-il
en essuyant rageusement les larmes qui s’étaient mises à couler le long de ses joues.
-Qui sait ce
qu’il aurait pu te faire, hein ? cria-t-il. Il faut qu’il paye pour ce qu’il t’a déjà
fait !
-Logan…
-S’il te
plait, Allan. Je sais que je ne suis pas
vraiment en position de te dire ça, mais fais le pour moi, si tu tiens un
minimum à moi, fais le.
-Bon…
d’accord.
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